« Un acte barbare » : c'est en ces termes de que la ministre somalienne de la Famille et des droits de l'homme a condamné, lundi 22 juin 2026, le viol d'une jeune femme à Mogadiscio. Le crime a été commis par plusieurs hommes qui ont filmé et partagé la vidéo de leur méfait sur internet, durant le week-end du 20-21 juin. Cette affaire provoque une véritable indignation en Somalie. Dimanche 21 juin, des femmes ont notamment manifesté dans les rues de Mogadiscio.
Elles étaient quelques dizaines à défiler, dimanche 21 juin, dans les rues de la capitale somalienne. Ces manifestantes demandaient justice pour la victime de la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, ainsi que la fin de la loi du silence qui entoure les violences sexuelles en Somalie.
« Derrière cette affaire se cache l'échec général de tous les systèmes qui devraient protéger [les femmes somaliennes] », commente sur X Samira Gaid, chercheuse spécialiste des questions de sécurité à l'Institut Balqiis, et ancienne conseillère du Premier ministre Hassan Ali Khaire.
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Dans un communiqué, le bureau du Procureur général a annoncé, dimanche, l'ouverture d'une « enquête approfondie ». Il demande à toutes les agences de sécurité du pays de collaborer pour arrêter, au plus vite, les personnes impliquées et promet « des mesures fermes ».
Aujourd'hui encore, la Somalie ne dispose pas de loi fédérale contre les violences sexuelles. En 2018, un projet de législation, rédigé en concertation avec l'ONU et la société civile, avait été proposé. Discuté pendant deux ans, c'est une version largement amendée de ce texte qui a été adoptée, et n'est quasiment pas appliquée, selon Amnesty international.