Tunisie: Grève des banques - Le CBF dément tout fondement et appelle à la continuité du service

22 Juin 2026

Les banques ont versé toutes les augmentations salariales prévues par la loi. Malgré cela, une grève sectorielle de trois jours est maintenue. Le Conseil bancaire et financier hausse le ton et prévient : les absents seront sanctionnés.

À quarante-huit heures d'une grève qui menace de paralyser le système bancaire tunisien, le Conseil Bancaire et Financier (CBF) monte au créneau. Dans un communiqué publié ce jour, l'organisation patronale du secteur conteste la légitimité du mouvement social annoncé par la Fédération générale des banques et établissements financiers pour les 23, 24 et 25 juin 2026, et somme les établissements de garantir la continuité des services essentiels.

Une grève jugée sans fondement

Le CBF est catégorique : les banques et établissements financiers ont intégralement respecté leurs obligations légales. Conformément au Décret n° 68 du 30 avril 2026, toutes les augmentations de salaires de base, ainsi que les indemnités de transport et de présence, ont été versées dans les délais. Pour le Conseil, appeler à cesser le travail dans ces conditions « ne repose sur aucun fondement social ou économique avéré ».

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Un calendrier particulièrement mal choisi

Le timing du mouvement est pointé du doigt. La grève coïncide avec les périodes de versement des salaires, de règlement des factures et de clôture des opérations financières -- autant d'échéances critiques pour les particuliers comme pour les entreprises. Le CBF juge cette situation « de nature à porter préjudice aux intérêts des individus, des sociétés et des établissements financiers », appelant à davantage de solidarité dans un contexte économique tendu.

La Banque centrale en renfort

Le CBF ne s'appuie pas uniquement sur sa propre autorité. Il invoque la circulaire n° 718 de la Banque Centrale de Tunisie pour exiger le maintien opérationnel des services jugés vitaux : distributeurs automatiques approvisionnés, virements et ordres de paiement traités, transferts de fonds assurés et agences en mesure de répondre aux demandes d'espèces.

Des sanctions clairement annoncées

Le droit de grève n'est pas remis en cause, mais ses conséquences financières sont rappelées avec fermeté. Tout employé gréviste verra son salaire mensuel amputé au prorata des jours d'absence, et perdra l'ensemble des avantages en nature et allocations liés à sa présence. Un avertissement adressé directement aux personnels, à qui le CBF demande de « peser leur conscience professionnelle » face aux intérêts de leurs institutions et du service public.

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