Au Nigeria, une crise traverse le mouvement indépendantiste du peuple du Biafra (Ipob), après que son leader, Nnamdi Kanu, a dissous la direction de l'Ipob, depuis sa détention. Les cadres qui viennent d'être suspendus sont accusés d'avoir abandonné les prisonniers du mouvement face au gouvernement nigérian.
Le leader indépendantiste Nnamdi Kanu, condamné à la perpétuité pour terrorisme au Nigeria, a renvoyé dix membres du directoire de l'Indigenous People of Biafra (Ipob) en place depuis 2017.
Il a nommé dans la foulée une quatrième direction, sous la houlette de Mazi Chris Nwaogu, un Nigérian émigré aux États-Unis.
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Ce 22 juin, les nouveaux cadres du mouvement du peuple indigène du Biafra ont expliqué qu'il s'agit d'une décision « douloureuse mais nécessaire ».
Accusés d'avoir voulu abandonner leur chef
Leurs prédécesseurs auraient « abandonné Nnamdi Kanu pendant sa détention » en entravant les efforts mis en oeuvre pour collecter de l'argent afin de payer les soins de santé du leader emprisonné. La troisième direction aurait également tout fait pour saboter la défense de Nnamdi Kanu et pour court-circuiter les ordres émis depuis sa cellule d'une prison de l'État de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria.
Les dirigeants exclus ont tenté de répliquer, en annonçant la dissolution de Radio Biafra - l'organe de communication de l'Ipob - et la suspension du poste de leader occupé par Nnamdi Kanu. Mais cette manoeuvre a été dénoncée par plusieurs membres éminents du mouvement indépendantiste biafrais.
À la fin des années 1960, le Nigeria a été le théâtre d'une des guerres civiles les plus meurtrières du continent africain, au Biafra. Ce conflit, marqué par des violences extrêmes, la famine et la mort de près de deux millions de personnes, avait profondément fracturé le pays et a laissé une trace durable dans la mémoire collective.
