Sénégal: Révision constitutionnelle - Le forum civil met en garde contre un risque de crise institutionnelle

Le Forum Civil a exprimé sa vive préoccupation face aux développements récents entourant le projet de révision de la Constitution sénégalaise. Dans une déclaration transmise hier, lundi à la presse, l'organisation de la société civile appelle l'Exécutif et le Législatif à privilégier le dialogue afin d'éviter « tout dysfonctionnement institutionnel » susceptible d'ébranler la stabilité du pays.

L'alerte intervient dans un contexte marqué par plusieurs étapes de la procédure de révision constitutionnelle. Le 27 avril 2026, la Présidence de la République annonçait la publication de quatre avant-projets de lois, dont un avant-projet portant révision de la Constitution. Le communiqué précisait qu'un comité de relecture avait été mis en place par le Premier ministre de l'époque, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale, avec la participation de Malick Ndiaye.

Le 5 mai 2026, le chef de l'État a sollicité l'avis du Conseil constitutionnel sur le texte. Cette saisine a donné lieu à la décision n°41/C/26 rendue le 13 mai. Quelques semaines plus tard, le Bureau de l'Assemblée nationale a indiqué avoir reçu et déclaré recevable une proposition de loi intégrant « toutes les observations » formulées par la haute juridiction.

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La procédure s'est ensuite accélérée. Le 19 juin, la Conférence des présidents aurait fixé au 22 juin un ultimatum pour obtenir une réponse du président de la République à une demande d'avis. Le lendemain, le président de l'Assemblée nationale a annoncé avoir reçu « la réponse attendue » du chef de l'État, ouvrant ainsi la voie à l'examen du texte en commission le 24 juin puis en séance plénière le 29 juin.

Cependant, relève le Forum Civil, « ni l'Assemblée nationale ni la Présidence de la République n'ont donné une quelconque information aux Sénégalais sur l'avis du Président de la République ». Une absence de communication qui nourrit les interrogations autour du processus en cours.

Face à cette situation, l'organisation estime qu'il existe un risque réel de voir « une divergence politique » se transformer en « crise institutionnelle majeure ». Rappelant l'obligation de respecter la Constitution, notamment son article 103, le forum appelle les autorités à « préserver le pays de tout dysfonctionnement institutionnel en privilégiant le dialogue » dans la conduite de la révision constitutionnelle et à « éviter toute révision déconsolidante », présentée comme un impératif pour préserver les acquis démocratiques.

Le Forum Civil « invite solennellement les pouvoirs publics à se conformer à toute décision du Conseil constitutionnel y afférente » et exhorte également les acteurs de l'espace public à « consolider l'esprit républicain dans l'exercice de leurs libertés civiles et politiques afin de préserver la Démocratie et la République ».

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