Madagascar: Des semences de riz survivent plus d'un siècle

Alors que les politiques agricoles privilégient depuis plusieurs décennies les semences de riz étrangères ou hybrides, jugées plus productives, plusieurs variétés traditionnelles malgaches continuent de subsister dans les campagnes. Héritées de générations de paysans, elles restent cultivées dans certaines régions malgré leurs faibles rendements.

Le phénomène est particulièrement visible dans les Hautes Terres centrales où quelques anciennes variétés continuent d'être cultivées à petite échelle. Parmi elles figurent notamment le varivato, le variharonga, le varivaventy, le varindinika, le varidiavolana, le varirojomena, le varilavoataniratsy, le varirojofotsy, le varimaintisomotra ou encore le varilavasomotra.

Ces noms apparaissent déjà dans le « Manuscrit de l'Ombiasy », conservé à l'Académie malgache. Ce document recense les principales cultures pratiquées entre 1864 et 1866, avant les profondes transformations agricoles introduites durant la période coloniale. Plus de 160 ans plus tard, la majorité de ces variétés ont disparu des rizières, mais certaines subsistent encore dans des localités précises. À Ambohibary, à Antsirabe, des agriculteurs cultivent toujours du varirojo. Dans d'autres régions, des semences locales comme le vary latsika continuent également d'être préservées par quelques producteurs attachés aux pratiques ancestrales.

Leur principal atout ne réside pas dans le rendement. Ces variétés sont surtout appréciées pour leur goût, leurs qualités culinaires ou leur adaptation à des terroirs spécifiques. Leur réputation se transmet souvent de génération en génération. Le cas du « riz rose », ou vary mangitry du Nord, illustre cet attachement durable aux variétés locales.

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Selon un agronome ayant requis l'anonymat, la généralisation des semences améliorées contribue progressivement au recul des variétés traditionnelles. « Depuis les années 1990, les semences étrangères sont présentées comme la solution pour augmenter la production. Pourtant, la disparition progressive des variétés locales pose la question de la conservation de notre patrimoine agricole », estime-t-il. La promotion des semences à haut rendement s'inscrit dans une politique ancienne. Dès les années 1980, l'objectif d'autosuffisance alimentaire figurait déjà parmi les priorités du Plan quinquennal 1986-1990.

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