Le Kenya a ordonné l'arrêt des préparatifs relatifs à un centre de quarantaine dédié à Ebola géré par les États-Unis, a affirmé ce 23 juin le ministre de la Santé devant un tribunal, après avoir été condamné pour outrage à la justice pour avoir ignoré une précédente ordonnance de suspension des travaux. Les États-Unis comptent construire dans ce pays un centre pour d'éventuelles évacuations de leurs ressortissants qui seraient touchés par l'épidémie qui sévit notamment en République démocratique du Congo. Un projet très contesté depuis plusieurs semaines par la société civile au Kenya.
Au Kenya, le ministre de la Santé s'est exprimé ce mardi matin devant la justice. Aden Duale était convoqué par la Haute Cour de Milimani, à Nairobi, après avoir été reconnu coupable « d'outrage à la cour » la veille.
La juge lui reproche d'avoir permis la construction d'un centre de quarantaine Ebola destiné aux ressortissants américains, sur une base militaire à Laikipia, dans le centre du pays, bien que la justice en ait ordonné la suspension, le mois précédent.
« Les peurs qu'il génère sont infondées »
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« J'ai ordonné l'arrêt immédiat et complet de tout projet de construction, de préparation du site ou d'activités connexes concernant le centre de la base aérienne de Laikipia, dans l'attente de l'audience et de la décision sur le fond de la requête, ou jusqu'à nouvel ordre de ce tribunal », a assuré, à la barre Aden Duale.
Pour le ministre, toute cette affaire, est un vaste malentendu : il estime avoir respecté l'ordonnance de la cour, car le partenariat avec les États-Unis pour le centre Ebola, était suspendu depuis longtemps. Enfin, il rappelle que l'infrastructure se situe sur une base militaire, isolée de la population. « Les peurs qu'elle génère sont donc infondées », a conclu Aden Duale.
Un manque « de respect à la souveraineté du Kenya »
D'après une source diplomatique, il n'y a toutefois plus grand-chose à suspendre car la construction du centre est en réalité terminée. L'infrastructure reste pour l'heure vide, puisqu'elle est bien destinée aux ressortissants américains, qui n'ont pas encore enregistré de cas suspects d'Ebola.
Pour le Katiba institute - l'organisation à l'origine de la plainte contre ce centre de quarantaine - les autorités ont manqué « de respect à la souveraineté du Kenya ».
Plusieurs manifestations pour protester contre ce centre ont eu lieu, à Nanyuki, le mois passé. Leur répression a fait trois morts.