Congo-Brazzaville: Criminalité faunique - Le pays renforce son dispositif répressif

Les principaux acteurs de la chaîne pénale, de la conservation et de la sécurité sont réunis, les 23 et 24 juin à Brazzaville, en vue d'évaluer les capacités du pays à prévenir, détecter et réprimer les infractions environnementales.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre du projet Guard Wildlife, financé par l'Union européenne (UE) et mis en oeuvre par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avec l'appui de la Fondation Aspinall et de Conservation justice.

Pendant deux jours, plus d'une trentaine de participants issus des administrations publiques, des services de sécurité, de la justice, des douanes, des organismes spécialisés ainsi que des organisations partenaires tenteront d'harmoniser leurs vues sur la manière de renforcer le dispositif national face à la persistance de la criminalité faunique et forestière. Cette rencontre vise principalement à renforcer la coopération entre le Congo et ses partenaires internationaux dans la lutte contre le trafic d'espèces sauvages, l'exploitation illégale des ressources forestières et les réseaux criminels transnationaux qui en tirent profit.

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Au coeur des travaux figure l'utilisation du Cadre d'indicateurs du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts. Selon le coordonnateur régional pour l'Afrique de l'Ouest et du centre du Programme mondial de lutte contre les crimes portant atteinte à l'environnement de l'ONUDC, Assane Dramé, cet outil permettra au Congo de disposer, pour la première fois, d'une évaluation complète, harmonisée et comparable de ses capacités nationales en matière de prévention, de détection, d'enquête, de poursuite et de sanction des infractions environnementales. Mieux, les participants examineront cinquante indicateurs répartis selon le cadre législatif, les poursuites judiciaires, les capacités d'enquête, la coopération internationale, le contrôle aux frontières, le renseignement financier et le renforcement des capacités institutionnelles.

Selon Assane Dramé, les trafics d'espèces sauvages, l'exploitation illégale des ressources forestières, la corruption et le blanchiment de capitaux constituent aujourd'hui des menaces majeures pour la gouvernance, la sécurité et le développement durable des États. L'exercice engagé à Brazzaville, a-t-il estimé, ne constitue ni un audit ni une évaluation externe, mais un processus d'auto-évaluation conduit par les institutions congolaises elles-mêmes.

L'objectif est d'identifier, de manière objective, les forces existantes, les insuffisances à corriger et les priorités de renforcement des capacités. Les résultats serviront également de référence nationale pour mesurer les progrès futurs et orienter les investissements des partenaires techniques et financiers.

De son côté, le conseiller à la conservation de la ministre de l'Économie forestière, Roger Albert Mbeté, a rappelé que le trafic des espèces sauvages et des ressources forestières représente aujourd'hui l'une des formes les plus préoccupantes de criminalité transnationale organisée, avec des moyens de plus en plus sophistiqués. Il a invité l'ensemble des participants à faire preuve de synergie afin de renforcer l'efficacité de la réponse nationale face aux réseaux criminels qui exploitent illégalement les ressources naturelles.

Les conclusions de l'auto-évaluation serviront de base à l'élaboration d'un plan d'action préliminaire destiné à renforcer les capacités des institutions concernées et à améliorer la coordination des interventions sur l'ensemble du territoire national.

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