Le Gabon s'apprête à faire son retour sur le marché obligataire international avec un projet d'émission à 10 ans d'un montant de 857,85 milliards de CFA, soit environ 1,5 milliard de dollars.
Cette proposition figure dans le projet de loi de finances rectificative 2026, adopté par le Conseil des ministres le 22 mai et examiné par la commission des finances de l'Assemblée nationale depuis le 10 juin. Si elle est approuvée, cette opération constituerait la plus importante émission d'obligations souveraines du Gabon depuis 2021.
La Société Générale est désignée comme banque chef de file de l'opération, ce qui marque un changement par rapport aux précédentes émissions obligataires du Gabon, qui étaient principalement menées par JP Morgan, Citigroup et la Deutsche Bank. Ce choix laisse entrevoir un éventuel changement de partenaires sur le marché, alors que le Gabon cherche à rétablir son accès au financement extérieur.
Le gouvernement n'a pas encore communiqué le taux d'intérêt proposé, le calendrier, l'affectation du produit de l'émission ni les garanties. Le projet de loi doit encore être approuvé par les deux chambres du Parlement avant de devenir loi.
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Le Gabon a déjà émis plusieurs emprunts obligataires internationaux, notamment 1,5 milliard de dollars en 2007, 1,5 milliard de dollars supplémentaires en 2013, 500 millions d'euros en 2015 et 800 millions de dollars en 2021. Sa dernière émission a fait l'objet d'un défaut partiel en 2023, pendant la transition politique, avant qu'une restructuration ne soit engagée. Le succès d'une nouvelle émission serait le signe d'un regain de confiance des investisseurs et pourrait favoriser les négociations avec le FMI.
Points clés à retenir
L'émission obligataire prévue par le Gabon permettra de vérifier si les investisseurs sont prêts à faire abstraction des récentes difficultés d'endettement et de la transition politique que connaît le pays. Une émission de 1,5 milliard de dollars offrirait au gouvernement une marge de manoeuvre financière importante, mais elle comporte également des risques, car le Gabon a récemment rencontré des problèmes de paiement sur son emprunt obligataire de 2021. Les conditions définitives auront plus d'importance que le montant annoncé. Les investisseurs s'intéresseront au taux d'intérêt, à la durée, aux garanties, à l'affectation du produit de l'émission et à la question de savoir si l'opération est liée à un programme de réformes soutenu par le FMI.
Le rôle de la Société Générale suggère également que le Gabon tente de redéfinir sa stratégie de financement en s'appuyant sur une banque qui possède une grande expérience des marchés francophones et d'Afrique centrale. Une émission réussie pourrait contribuer à normaliser l'accès du Gabon aux marchés et à réduire la pression sur le financement intérieur. En revanche, des conditions défavorables ou une demande limitée montreraient que le risque souverain reste élevé. Pour l'instant, ce projet d'émission obligataire est un signe d'ambition, mais ne constitue pas encore la preuve d'un regain de confiance des marchés.