Afrique de l'Ouest: La société civile appelée à jouer un rôle de premier plan

Les organisations de la société civile de l'espace CEDEAO et des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) sont invitées à s'impliquer davantage dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

C'est le principal message porté lors d'un atelier régional organisé au Sénégal, sous l'égide du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA).

Selon Amacodou Diouf, consultant du GIABA et spécialiste des questions liées au blanchiment d'argent, au financement du terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive, cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre des recommandations du Groupe d'action financière internationale (GAFI) ainsi que du plan stratégique du GIABA.

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L'objectif est de renforcer l'implication des acteurs de la société civile dans la prévention et la détection de ces phénomènes qui constituent aujourd'hui des menaces majeures pour la stabilité économique et sécuritaire des États de la sous-région. « Il fallait mobiliser les organisations de la société civile afin de mieux comprendre les mécanismes du blanchiment de capitaux, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, mais surtout leur permettre de contribuer efficacement à la lutte contre ces infractions », a expliqué le consultant.

À l'issue de l'atelier, les organisateurs espèrent disposer d'un plan d'action concret et d'orientations précises destinées à renforcer la participation citoyenne. Pour Amacodou Diouf, la lutte contre le blanchiment d'argent ne saurait être l'affaire exclusive des institutions spécialisées ou des organisations non gouvernementales. « Toutes les composantes de la société doivent être mobilisées, qu'il s'agisse des organisations communautaires de base, des associations sportives, culturelles ou encore des mouvements citoyens », a-t-il soutenu.

Miser sur la détection et la dénonciation  

Face à des pratiques souvent dissimulées, la première étape consiste à renforcer les capacités de détection au sein des communautés. Selon le consultant, les populations disposent souvent d'informations susceptibles d'alerter les autorités sur des mouvements financiers suspects ou des activités illicites. Au Sénégal, la réception et le traitement de ces signalements relèvent principalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), chargée de recueillir et d'analyser les déclarations de soupçon.

L'atelier a ainsi permis d'insister sur la nécessité de familiariser davantage les citoyens avec les mécanismes de blanchiment de capitaux et les procédures de signalement prévues par la législation. « Tout citoyen ou toute organisation peut effectuer une déclaration de soupçon lorsqu'il existe des présomptions sérieuses. Ces informations feront ensuite l'objet de vérifications par les services compétents avant, le cas échéant, une transmission à la justice », a rappelé Amacodou Diouf.

Renforcer la vigilance citoyenne 

Au-delà de l'aspect institutionnel, les participants ont souligné l'importance d'une vigilance citoyenne accrue face à des phénomènes qui alimentent souvent la corruption, la criminalité organisée et l'extrémisme violent. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, les organisateurs considèrent la société civile comme un maillon essentiel du dispositif de prévention et de lutte contre les flux financiers illicites.

À travers cette rencontre, le GIABA entend ainsi bâtir un partenariat plus solide avec les organisations citoyennes afin de faire de la sensibilisation, de la prévention et de la dénonciation des actes suspects des leviers majeurs dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique de l'Ouest.

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