Afrique de l'Ouest: Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme - La CEDEAO mise sur la société civile

Saly-Portudal accueille, depuis hier lundi, un atelier régional de sensibilisation des Organisations de la société civile (OSC) de la Communauté économiques des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de la l'Alliance des Etats du Sahel (AES) aux exigences de la Lutte contre le blanchiment de capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT).

Cette rencontre, initiée dans un contexte sous-régional marqué par la montée des menaces sécuritaires et des flux financiers illicites, vise à renforcer le rôle des acteurs non étatiques dans la préservation de l'intégrité financière et de la stabilité des États.

Présidant la cérémonie d'ouverture, au nom du président de la Commission de la CEDEAO, la représentante résidente de l'organisation au Sénégal, Mme Zelma Yollande Nobre Fassinou, a rappelé l'importance de la mobilisation collective face aux défis que constituent le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

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Devant des représentants des Cellules nationales de traitement des informations financières (CENTIF), du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA), des organisations de la société civile de l'espace CEDEAO et de l'Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que des experts venus de plusieurs pays de la sous-région, elle a souligné la nécessité d'une implication accrue des citoyens et des organisations communautaires dans la lutte contre ces phénomènes.

Selon la représentante de la CEDEAO, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme continuent de constituer de sérieuses menaces pour la stabilité politique, économique et sociale des pays ouest-africains. Ces pratiques alimentent non seulement la criminalité organisée, mais fragilisent également les institutions publiques, affectent les investissements et compromettent les efforts de développement, a-t-elle notamment indiqué, invitant les différents acteurs à renforcer leur vigilance et leur coopération.

Face à cette situation, la CEDEAO entend poursuivre son engagement en faveur de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance et de l'État de droit. La représentante résidente de la CEDEAO a salué l'engagement des autorités sénégalaises dans la promotion de la transparence financière et la lutte contre les flux financiers illicites. Elle a également rendu hommage à la CENTIF du Sénégal pour son rôle dans la détection et l'analyse des opérations financières suspectes ainsi que dans la coordination des mécanismes nationaux de lutte contre les crimes financiers.

Mme Fassinou a, par ailleurs, mis en exergue la qualité de la collaboration entre la Représentation résidente de la CEDEAO et le GIABA, dont l'action est jugée déterminante dans la mise en oeuvre des standards internationaux de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme en Afrique de l'Ouest.

Pour la responsable communautaire, la proximité des OSC avec les populations, leur capacité de mobilisation etc. font d'elles des partenaires incontournables dans la promotion de la gouvernance responsable. « Leur proximité avec les communautés, leur capacité de mobilisation et leur rôle de sensibilisation font d'elles des partenaires indispensables », a-t-elle soutenu. Dans un contexte où les mécanismes financiers deviennent de plus en plus complexes et où les groupes criminels adaptent continuellement leurs stratégies, les OSC apparaissent comme des relais essentiels pour diffuser les bonnes pratiques, renforcer la culture de transparence et favoriser l'alerte précoce au niveau communautaire.

Cette rencontre intervient également à un moment où l'espace communautaire s'apprête à entamer le troisième cycle des évaluations mutuelles conduites par le GIABA. Cet exercice permettra de mesurer non seulement le degré de conformité des dispositifs nationaux aux normes internationales, mais aussi leur efficacité réelle dans la prévention, la détection et la répression des crimes financiers. Les conclusions de ces évaluations sont particulièrement attendues puisqu'elles devraient contribuer à renforcer la crédibilité des systèmes financiers nationaux, à améliorer la confiance des partenaires techniques et financiers et à consolider l'attractivité économique des États membres.

Cet atelier régional représente une opportunité majeure de renforcement des capacités des organisations de la société civile. Les travaux permettront aux participants d'approfondir leur compréhension des mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, tout en favorisant le partage d'expériences entre acteurs issus de différents pays. Au terme de la rencontre, les recommandations formulées devraient contribuer à améliorer la coopération entre les États membres, les CENTIF, le GIABA et les organisations citoyennes, dans la perspective d'une gouvernance financière plus transparente et plus résiliente.

À travers cette initiative, la CEDEAO réaffirme sa volonté de faire de la lutte contre les flux financiers illicites une composante essentielle de son agenda de paix, de sécurité et d'intégration régionale, convaincue que la préservation de l'intégrité financière demeure l'un des piliers du développement durable en Afrique de l'Ouest.

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