Le Soudan du Sud, le plus jeune pays au monde, qui a accédé à l'indépendance en 2011, va enfin tenir ses premières élections générales, plusieurs fois reportées.
En début de semaine, la Commission électorale nationale (CEN) a annoncé, l'organisation des élections dans cet Etat fédéral d'Afrique de l'Est, le 22 décembre 2026. Les Sud-soudanais iront aux urnes, ce jour-là, pour élire le chef de l'Etat, les députés, les exécutifs et les législateurs des 10 Etats et des trois zones administratives qui composent leur pays. Cet événement politique majeur est censé mettre le Soudan du Sud sur la voie de la démocratie, mais encore faut-il lever des obstacles pour la tenue effective de ces élections.
La CEN est confrontée à des défis liés à l'existence de vides juridiques en matière de législation électorale, à la constitution des listes électorales et au financement du processus électoral. Pour un budget total de 250 millions de dollars pour l'organisation des élections, 21 millions ont été mis à la disposition de la CEN pour l'instant.
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Autant dire que l'argent nécessaire pour la tenue des scrutins est loin d'être réuni. Mais il faut noter, que le report à maintes reprises des élections est dû en grande partie à une situation sécuritaire précaire. Entre 2013 et 2018, date à laquelle un accord a été signé pour la mise en place d'un gouvernement de transition, le pays a vécu une guerre civile opposant les partisans du Président Salva Kiir et ceux du chef de file de l'opposition, Riek Machar.
La rivalité entre les deux hommes, tous des septuagénaires, est loin d'être terminé d'ailleurs et continue de maintenir le Soudan du Sud dans l'incertitude. La collaboration entre ces deux personnalités, pour la conduite du gouvernement de transition, n'a pas prospéré. Accusé de trahison, Riek Machar a été démis de ses fonctions de premier vice-Président et assigné à résidence depuis mars 2025.
Cette situation a malheureusement favorisé le retour au conflit armé. Depuis un an, les troupes gouvernementales et les forces d'opposition se combattent à nouveau dans certaines zones, ce qui fait planer des doutes sur la sécurité des élections projetées. Si Kiir est assuré de se présenter à la future présidentielle, Machar, lui ignore son sort, ce qui pourrait braquer davantage ses partisans. Voir le Soudan du Sud annoncé la tenue des premières élections de son histoire, après plusieurs rendez-vous manqués, est salutaire.
Ces élections doivent toutefois se dérouler dans un climat de sérénité. En la matière, les Sud-Soudanais naviguent entre optimisme et pessimisme, tant l'horizon ne parait pas si clair qu'on pourrait le croire. Le gouvernement de transition, dirigé par le Président Salva Kiir, est donc interpellé à prendre les dispositions nécessaires pour garantir les conditions sécuritaires, juridiques, financières et logistiques pour des élections apaisées, libres et crédibles.
Il n'y a pas de gages qu'on ira dans ce sens, mais les réalités pourraient changer favorablement avant l'échéance. En s'engageant à organiser les élections, dans un contexte difficile, le Soudan du Sud entend relever un important défi. Qu'il en soit ainsi...