La chanteuse et musicienne franco-grecque Melina a exprimé sa joie de se produire pour la première fois au Maroc à l'occasion de sa participation au Festival Mawazine-Rythmes du Monde, mettant en avant les liens culturels et musicaux qui rapprochent, selon elle, le Maroc et la Grèce.
« Je suis très heureuse parce que c'est la première fois que je chante au Maroc », a déclaré Melina dans un entretien à la MAP, indiquant avoir ressenti, dès son arrivée, une certaine familiarité avec le Royaume.
Elle a dit que plusieurs aspects de la société marocaine lui rappellent ses origines grecques. « Il y a beaucoup de choses qui ressemblent à la Grèce : la mentalité des gens, la musique. Ici, je me sens un peu comme à la maison », a-t-elle confié.
Évoluant à la croisée de plusieurs influences, Melina a défini son univers comme une forme de « pop néo-traditionnelle », un genre qui puise dans les répertoires traditionnels tout en s'ouvrant aux sonorités contemporaines.
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Cette identité musicale trouve ses racines dans son histoire familiale, puisqu'elle a grandi dans un environnement où la culture grecque occupait une place centrale.
« Mes parents étaient très impliqués dans une communauté de musiciens grecs en France. C'est un monde particulier (...) qui m'a beaucoup marquée en grandissant à Paris », a-t-elle raconté.
Selon elle, cet héritage ne relève pas d'un choix délibéré mais d'un attachement spontané à la musique avec laquelle elle a grandi. « C'est cette musique que j'aime et que j'écoutais à la maison », a-t-elle fait savoir, affirmant qu'elle constitue aujourd'hui une part essentielle de son univers créatif et de son identité.
Parmi les chansons qui lui sont les plus chères figure « Kano Traka », une composition qu'elle considère comme particulièrement représentative de sa démarche artistique.
Inspiré d'une expression populaire grecque, le titre raconte l'histoire d'une personne en quête de sens. « C'est quelqu'un qui marche dans la rue, qui est un peu perdu et qui cherche quelque chose sans vraiment savoir ce qu'il cherche. Il continue à marcher et finalement, à force de marcher, il commence à danser », a expliqué l'artiste.
Interrogée sur les émotions qui l'accompagnent lorsqu'elle monte sur scène, la chanteuse évoque un mélange de sentiments parfois contradictoires: « Il y a toujours un peu d'appréhension, forcément un peu de peur (...) et l'impression d'être soutenue ».
La danse occupe, par ailleurs, une place essentielle dans son expression artistique. Sans se considérer comme danseuse professionnelle, Melina a affirmé entretenir depuis toujours un rapport instinctif au mouvement.
L'artiste, qui a joué du violon pour longtemps, a dit être toujours « un peu cachée derrière un instrument », mais elle a compris par la suite que la danse pouvait devenir le prolongement naturel de sa voix et de ses émotions.
« Pour moi, la danse est une extension du chant. Quand on chante, on a envie de s'exprimer », a-t-elle déclaré, ajoutant que « cela me permet de me sentir bien, de me libérer et d'être libre ».
Melina a également évoqué sa relation privilégiée avec le oud, instrument qu'elle pratique aujourd'hui et qui l'accompagne dans son processus de création.
Si la Grèce est davantage associée au bouzouki dans l'imaginaire collectif, elle a rappelé que l'histoire du pays est profondément marquée par les influences orientales.
« Les cultures grecque, turque et plus largement les cultures de la Méditerranée orientale ont beaucoup de points communs », a-t-elle relevé.
La présence d'un oud au sein de son foyer familial a contribué à éveiller son intérêt pour cet instrument. « J'ai commencé il n'y a pas très longtemps, mais je suis tout de suite tombée amoureuse de l'instrument », a-t-elle confié, soulignant qu'il lui permet aujourd'hui de composer et de s'accompagner avec davantage de liberté.
À l'adresse du public marocain, Melina a enfin livré un message simple, à l'image de sa philosophie artistique : « en ces temps qui parfois sont un peu compliqués, dansons! ».