Gare aux illusions : affronter Haïti n'a rien d'un match de formalité. En fonction de sa place finale dans le Groupe C, le Maroc s'offrira soit un parcours du combattant, soit une autoroute vers les sommets. Finir premier ou deuxième de groupe changera radicalement le visage de la compétition pour les hommes de Mohamed Ouahbi.
Le choix pour le Maroc est binaire : soit basculer du côté gauche dans un entonnoir de géants, soit se frayer un chemin hautement plus abordable sur le côté droit.
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Scénario A (2e du Groupe C)
Si le Maroc termine deuxième de sa poule (derrière le Brésil), sa trajectoire s'apparentera à un chemin de croix face à l'élite européenne.
En seizièmes de finale : Les Lions hériteraient directement des Pays-Bas (actuels leaders du Groupe F), un duel très usant physiquement.
En huitièmes de finale : Même en cas d'exploit face aux Bataves au prix d'un épuisement total, la marche suivante s'appellerait la France.
En quarts de finale : Le vainqueur de ce choc titanesque retrouverait potentiellement l'Espagne ou les États-Unis.
En demi-finale : C'est l'Allemagne ou le Brésil qui se dresserait sur la route du grand rêve .
Scénario B (1er du Groupe C)
À l'inverse, finir en tête du Groupe C ouvre les portes d'un tableau limpide, où la logique sportive offre une opportunité historique de briser à nouveau les plafonds de verre.
En projetant des résultats logiques et sans surprise majeure, voici le véritable parcours du Maroc en tant que premier de son groupe :
Seizièmes de finale : Japon
En finissant premier, le Maroc affronterait le deuxième du Groupe F, une place actuellement occupée par le Japon (à égalité avec les Pays-Bas avec 4 points).
Les Samouraïs Bleus disposent d'un collectif parfaitement huilé et d'une discipline de fer. Sans être un match facile, le Maroc possède la supériorité technique intrinsèque au milieu de terrain pour dicter son tempo et contrer leur pressing agressif. Un adversaire coriace, mais un profil bien plus gérable qu'un ogre européen d'entrée.
Huitièmes de finale : Norvège ou Côte d'Ivoire
Une fois l'obstacle nippon franchi, le Maroc croiserait le fer en huitièmes de finale avec le vainqueur du match entre la Côte d'Ivoire et la Norvège (si la logique des poules est respectée avec une deuxième place des Norvégiens).
Qu'il s'agisse de la puissance athlétique des Éléphants ivoiriens ou du défi physique scandinave incarné par la Norvège, le Maroc partira favori de ce huitième de finale. Le niveau technique des Lions et l'expérience acquise au Qatar permettraient d'aborder ce tour avec une grande sérénité pour rallier le top 8 mondial.
Quarts de finale : Mexique
En quarts de finale, le tableau propose un choc face au vainqueur de la confrontation entre l'Angleterre et le Mexique. Si la logique du pays hôte l'emporte, ce sont les Mexicains qui se dresseront face aux Lions.
L'avantage stratégique majeur : Le Mexique joue la quasi-totalité de ses matchs à domicile dans la ferveur étouffante de Mexico. Cependant, à partir des quarts de finale, la Tri devra s'exporter. Ce match se disputerait à Miami, aux États-Unis. Jouer le Mexique hors de ses bases, sur un terrain totalement neutre, représente une aubaine psychologique inestimable pour les Marocains.
Demi-finale : Argentine
Dans cette partie droite du tableau, le premier immense favori historique ne se dresserait devant le Maroc qu'au stade des demi-finales, avec une confrontation de rêve contre l'Argentine (pendant que la France, l'Allemagne ou l'Espagne s'entretueront de l'autre côté). Atteindre le dernier carré en n'affrontant l'élite absolue qu'à ce stade est l'exact plan de vol espéré.
Cette projection virtuelle ne laisse aucune place au doute : le Maroc doit impérativement chercher la première place. Pour cela, les coéquipiers de Brahim Diaz ne devront pas simplement chercher les trois points contre Haïti ; ils devront soigner la différence de buts et attaquer à outrance pour marquer le plus grand nombre de buts possible. Même si l'Écosse parvient à accrocher le Brésil dans l'autre match, le Maroc doit être le seul maître de son destin dans ce tournoi. L'efficacité devant le but -- le seul petit point noir des deux premiers matchs -- sera le mot d'ordre absolu pour préserver la grandeur de notre rêve américain.