Burkina Faso: Lutte contre le paludisme saisonnier - La chimio-prévention 2026 débute ce 25 juin

Le secrétariat permanent pour l'élimination du paludisme a animé une conférence de presse sur la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier plus, édition 2026, dénommée CPS+. Il s'est agi de donner des informations sur les actions à mener, d'indiquer les différentes dates ainsi que les stratégies adoptées pour la réussite de cette campagne.

A l'entame de la saison pluvieuse, comme à l'accoutumée, le secrétariat permanent pour l'élimination du paludisme accorde ses violons pour lutter efficacement contre ce fléau, à travers la campagne de chimio-prévention. Cette chimio-prévention du paludisme saisonnier consiste à administrer gratuitement des médicaments préventifs aux enfants âgés de 3 à 59 mois, afin de les protéger pendant la saison des pluies, période de forte transmission. En prélude à la première campagne qui s'ouvre ce 25 juin, le secrétariat permanent pour l'élimination du paludisme était face aux Hommes de médias, le mardi 23 juin 2026, à Ouagadougou.

« Pour cette année 2026, près de 5 millions d'enfants seront protégés à travers l'ensemble des passages, dont plus de 1,2 million dès le premier passage prévu, du 25 au 28 juin », a annoncé le secrétaire permanent pour l'élimination du paludisme, Dr. Sidzabda Christian Bernard Kompaoré. Selon lui, ce premier passage va concerner 24 districts sanitaires ayant les plus grandes incidences. Et les quatre autres passages prévus du 23 - 26 Juillet, du 20-23 Août, du 17- 20 Septembre et du 15-18 octobre 2026 vont intéresser l'ensemble des 70 districts sanitaires.

Avantages de la chimio-prévention

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M. Kompaoré a expliqué que pour atteindre tous les enfants, deux stratégies sont développées à savoir, la stratégie porte-à-porte et la stratégie fixe. Toutefois, il a indiqué qu'une autre approche complémentaire est aussi mise en oeuvre dans les régions de Djôro et Tannouyan qui est la stratégie fixe avancée qui consiste à offrir le paquet de la CPS+ aux enfants cibles, à travers des sites plus proches des populations situés dans les quartiers ou secteurs d'un village ou d'une ville.

« Les avantages de cette chimio-prévention sont importants avec une réduction d'environ 75 % des cas de paludisme chez les enfants dans des conditions optimales et une diminution des formes graves ainsi que des cas de décès », a fait savoir le secrétaire permanent pour l'élimination du paludisme.

De ce fait il a invité les parents à présenter tous les enfants éligibles aux distributeurs communautaires, afin qu'aucun enfant ne soit laissé pour compte. L'efficacité de la CPS+ reposant en grande partie sur la bonne administration des médicaments, M. Kompaoré a également exhorté les parents et les gardiens d'enfants à veiller au respect strict des trois jours de prise de médicaments à chaque passage.

Les médicaments sont uniquement préventifs

En effet, une prise incomplète ou incorrecte réduit considérablement l'efficacité de la protection. Cependant, le secrétaire permanent pour l'élimination du paludisme a souligné que ces médicaments sont préventifs et ne remplacent pas le traitement en cas de maladie. « Un enfant malade n'est pas éligible au CPS+ », a-t-il averti. Aussi, M. Kompaoré a souligné que depuis quelques années, la CPS a évolué vers une approche intégrée.

Ainsi, en plus de l'administration des médicaments, la campagne intègre notamment le dépistage de la malnutrition aiguë, la recherche des enfants non à jour de leur vaccin antipaludique, la prise en charge communautaire des enfants fébriles, ainsi que l'identification et la destruction des gîtes larvaires. Pour lui, cette dernière composante est essentielle, car, en éliminant les eaux stagnantes et autres lieux de reproduction des moustiques, les communautés contribuent directement à réduire la transmission du paludisme.

Quel bilan faites-vous de la campagne précédente ? quels sont les moyens mis à votre disposition pour l'édition 2026 ? Quels sont vos défis ?

Bilan 2025 satisfaisant

A ces questions, le conférencier a fait savoir que le bilan 2025 a été satisfaisant avec une réduction des cas de paludisme à 75%. « 21 districts ont bénéficié de 5 passages et 41 sur les 70 districts sanitaires ont reçu 4 passages. La campagne a atteint 94% de la cible. Le dépistage de la malnutrition ainsi que la destruction des gites larvaires ont enregistré une couverture de 73%.

7 millions de cas ont été enregistrés en 2025 contre 10 millions, soit une réduction de 3 millions de cas, avec moins de 2000 cas de décès chez les enfants », a rapporté Dr. Sidzabda Christian Bernard Kompaoré. Il a ajouté qu'aux côtés de ses partenaires, l'Etat burkinabè a mobilisé 5 milliards F CFA pour lutter contre le paludisme en 2026 et plus de 2 milliards FCFA sont consacrés à la CPS.

Pour ce qui concerne les défis, le chef de département prévention médicamenteuse de prise en charge, Dr Ousseni Ouédraogo, a cité le maintien de la qualité de la CPS+, l'observance des trois prises des médicaments par les enfants. C'est pourquoi, il a déploré la négligence de certains parents dans le respect de l'administration des produits aux enfants. Parmi les difficultés rencontrées les conférenciers ont cité l'inaccessibilité de certaines zones.

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