En marge de la célébration de la Journée nationale du poisson ce mercredi 24 juin 2026, les pisciculteurs de la province du Maniema s'adressent au Gouvernement. Réunis au sein de l'Union des associations des aquaculteurs du Maniema (UIAM), ils appellent urgemment à un accompagnement étatique afin de redynamiser un secteur clé pour la sécurité alimentaire locale.
Le Maniema possède une riche histoire aquacole. Avant l'indépendance, la province s'imposait comme l'un des poumons nourriciers de la République démocratique du Congo en produisant plus d'une tonne de poissons par cycle de production, affirme l'UIAM.
Selon Ali Lutimba, président du conseil d'administration de l'UIAM, cette performance reposait sur des infrastructures piscicoles de premier plan :
Le site de Kisamba : implanté dans le territoire de Kasongo.
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Le site de Bisamengo : un espace aménagé s'étendant sur 7 kilomètres et comptant 36 étangs piscicoles.
Aujourd'hui, ce réseau d'infrastructures autrefois florissant n'est plus que l'ombre de lui-même, privant la région d'une source majeure de protéines.
Le grand défi des pisciculteurs : la pénurie d'alevins
Actuellement, les exploitants de Kindu et des différents territoires du Maniema se heurtent à des barrières logistiques majeures, en premier lieu desquelles l'accès aux intrants de reproduction.
Balisisi Bulenge, pisciculteur local, expose les difficultés quotidiennes rencontrées par les professionnels du secteur :
« Le grand problème que nous avons, c'est d'abord les alevins. Nous manquons de ressources pour en obtenir et en mettre dans nos étangs. Parfois, avec la sécheresse, les eaux s'assèchent. Pour s'en procurer, il faut aller pêcher directement dans les rivières. Puisque nous nous adonnons à la pisciculture, l'État devrait jeter un oeil favorable sur ce secteur pour nous propulser. »
Malgré cette crise, les acteurs de la filière voient en cette journée nationale une opportunité idéale pour se rapprocher du public, sensibiliser la population et interpeller les décideurs sur l'urgence de financer l'aquiculture locale.