Maroc: Taux directeur - Bank Al-Maghrib confirme le scénario privilégié par le marché

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir le taux directeur inchangé au terme de sa deuxième réunion trimestrielle de l'année 2026, tenue mardi à Rabat, confirmant ainsi les anticipations d'une large majorité des investisseurs financiers.

Compte tenu de « l'évolution prévue de l'inflation à des niveaux en ligne avec l'objectif de stabilité des prix à moyen terme, de la consolidation de la dynamique de l'activité économique et de la forte incertitude entourant les perspectives économiques à l'échelle internationale », la Banque centrale a jugé approprié de le maintenir à 2,25%.

La décision du Conseil était attendue par plusieurs acteurs du marché qui avaient quasi-unanimement privilégié le scénario d'un statu quo, selon une enquête d'Attijari Global Research (AGR), la filiale spécialisée du groupe Attijariwafa bank.

Les résultats de l'étude, menée durant le mois en cours, révélaient que la probabilité d'un statu quo du taux directeur était de 93% contre seulement 7% pour une hausse de +25 points de base (pbs) et que la probabilité d'un abaissement du TD était nulle. Elle indiquait aussi que les institutionnels locaux, les acteurs de référence et les personnes physiques partageaient cette même lecture.

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Lors de sa récente réunion, au cours de laquelle a été examiné et approuvé le rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du Maroc ainsi que sur les activités de la Banque au titre de l'exercice 2025, l'institution publique a affirmé que les répercussions du conflit au Moyen-Orients sont perceptibles notamment sur la facture énergétique et les prix des carburants qui ont connu un accroissement annuel en mai de 27,6%.

«Cette augmentation, ainsi que celle de l'inflation importée globalement, devraient se traduire par une nette accélération de l'inflation domestique, qui resterait toutefois modérée à moyen terme», a-t-elle souligné estimant que celle-ci atteindrait 1,5% en moyenne cette année et 2,1% en 2027, tandis que l'inflation sous-jacente serait limitée à 0,2% en 2026 avant de s'accélérer à 2,9% en 2027, avec la dissipation de cet effet et la hausse de l'inflation importée.

Toujours selon les prévisions de BAM, après un accroissement de 8,2% en 2025, la valeur ajoutée agricole marquerait un rebond de 16% cette année compte tenu d'une récolte céréalière estimée par le Département de l'agriculture à 90 millions de quintaux. Elle devrait ensuite accuser un recul de 7,6% en 2027 sous l'hypothèse d'un retour à une production céréalière moyenne. Quant aux activités non agricoles, leur rythme devrait se consolider à 4,2% en moyenne en 2026 et en 2027, après 4,5% en 2025.

Ainsi, la croissance de l'économie nationale s'établirait à 5,2% cette année, puis, en raison de l'effet de base, reculerait à 3,1% en 2027.

BAM s'attend à ce que la flambée des cours des produits pétroliers et de certains intrants, ainsi que la poursuite de l'effort d'investissement pèsent sur le solde commercial.

Ainsi, du côté des importations, la facture énergétique s'alourdirait de 26% à 135 milliards de dirhams, avant de revenir à 114,4 milliards en 2027, et les acquisitions de biens d'équipement progresseraient de 12,3% en 2026 puis de 9,3% en 2027 pour avoisiner 245 milliards.

Du côté des exportations, après un repli de 1,8% en 2025, les expéditions du secteur automobile augmenteraient graduellement pour atteindre 190,8 milliards de dirhams en 2027, tandis que pour le phosphate et ses dérivés, les ventes afficheraient une hausse de 8,5% puis de 2,4% à 110,9 milliards de dirhams en 2027.

Le Conseil de BAM a enfin annoncé qu'il continuera de suivre de près la conjoncture interne et externe et de fonder ses décisions sur la base des données les plus actualisées.

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