À Madagascar, les taxis-be d'Antananarivo, ces minibus qui transportent chaque jour des centaines de milliers d'habitants, sont en grève depuis mardi 24 juin au matin. Ils protestent contre la multiplication des contrôles sur la route. En colère, les chauffeurs se sont dirigés vers l'hôtel de ville, où un dispositif de sécurité pour les empêcher d'entrer dans le bâtiment. Le mouvement paralyse la capitale à deux jours de la fête nationale.
Autour de 12h30, des centaines de chauffeurs de taxis-be sont agglutinés sur la place devant l'Hôtel de Ville d'Antananarivo mardi. Le visage tendu, les voix s'élèvent. Face à eux, un dispositif de sécurité barricade l'entrée du bâtiment. Les grévistes veulent y entrer pour exprimer leur colère. Mais on les en empêche.
Au coeur de la grogne : la Direction des transports de la commune (DTMU), accusée d'imposer des contrôles et des sanctions jugés abusifs, nous explique ce chauffeur de taxi : « La DTMU nous exploite de manière exagérée. Nous demandons la dissolution de la DTMU, car c'est l'expression de la dictature, de l'oppression et de l'abus de pouvoir. C'est comme si eux seuls avaient une famille à nourrir et pas nous. Les contraventions qu'elle impose sont trop lourdes pour nous. »
Autour des arrêts de bus, des usagers patientent depuis des heures. Beaucoup finissent par marcher.
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À l'intérieur de l'hôtel de ville, une réunion de crise est organisée réunissant le président de la délégation spéciale, le ministre des Transports et leurs conseillers. Pour le directeur de la police Victor Tsaramonina, la position du pouvoir est ferme : « Il y aura des concessions, des compromis, des sensibilisations. Mais on ne va pas faire plier la loi pour faire régner l'anarchie. »
Sur la place de l'Hôtel de Ville, les chauffeurs n'entendent pas reculer. La grève va se poursuivre, à deux jours de la fête nationale, le 26 juin, qui sera la première du président Michaël Randrianirina.