Afrique: La place des sociétés africaines au coeur des débats des troisièmes Assises africaines de la démocratie

Dakar — La troisième édition des Assises africaines de la démocratie, ouverte mercredi à Dakar, ambitionne de traiter la question de la transformation de l'Afrique sous un angle consistant à remettre au centre des discussions "la place unique et irremplaçable" des sociétés africaines, a indiqué, au nom des organisateurs, l'historien et penseur camerounais Achille Mbembé.

"L'idée c'est de remettre, au centre du débat sur la transformation de l'Afrique, la place unique et irremplaçable des sociétés elles-mêmes. Ces assises, comme les précédentes, ont pour but de rassembler en un seul lieu les acteurs de la démocratie sur le continent", a expliqué M. Mbembé, directeur de la Fondation de l'innovation pour la démocratie.

Les troisièmes Assises africaines de la démocratie, prévues pour se poursuivre jusqu'au 26 juin prochain, sur le thème "La force des sociétés", répondent à l'urgence de repenser la transformation systémique de l'Afrique, en l'arrimant non seulement à la mobilisation des capitaux et des investissements, mais aussi à l'intelligence démocratique et à l'énergie des communautés.

A partir des réflexions suscitées à travers ces assises, les organisateurs cherchent à trouver des voies d'avenir pour les communautés du continent.

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Selon Achille Mbembé, les débats devraient permette aux participants d'échanger leurs idées et de se nourrir des expériences des uns et des autres pour imaginer, ensemble, des voies d'avenir au sein des communautés dans lesquelles ils interviennent.

"Les communautés qui gravitent autour de la fondation sont environ 4 000 à 5 000 associations et communautés de base qui participent à nos activités, sans compter évidemment les communautés de femmes, les intellectuels et les jeunes. Et tout ce monde contribue d'ores et déjà au développement de la démocratie, notamment sur les territoires sur lesquels ils interviennent", a souligné M. Mbembe.

Il note que dans les quartiers, villages et villes d'Afrique, il y a "tout un renouveau démocratique" en cours, à travers des pratiques "très souvent informelles".

"On n'en parle pas beaucoup mais ces pratiques influencent néanmoins la vie quotidienne des communautés. Et donc l'idée c'est de faire communiquer entre elles ces expériences pour que ceux qui travaillent au Sénégal découvrent qu'au fond, pas si loin que ça, en Côte d'Ivoire par exemple, d'autres personnes ou communautés font face à peu près aux mêmes problèmes, qu'elles ont résolu d'une façon ou d'une autre", a expliqué l'historien.

Au cours des trois jours de débats, les discussions vont tourner entre autres autour de la force des sociétés, de la refondation des institutions locales à partir de la force citoyenne des jeunesses africaines, des ressources endogènes de la transformation et d'un modèle économique ancré dans les réalités sociales du continent.

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