Saly-Portudal (Mbour) — La question des Organismes génétiquement modifiés (OGM) représente un enjeu majeur pour le Sénégal, dans un contexte de souveraineté alimentaire, a déclaré le président de l'Association des journalistes pour la transparence dans les ressources extractives et la préservation de l'environnement (AJTREPE), Youssouph Bodian.
"La question liée aux OGM est un enjeu majeur, surtout dans un pays comme le nôtre où on parle de souveraineté et où on ne cesse de chercher comment faire pour qu'on ait suffisamment de nourriture pour tous les Sénégalais", a-t-il notamment déclaré.
Youssouph Bodian prenait part à un atelier d'information et de sensibilisation sur les biotechnologies modernes et le cadre juridique et règlementaire de la biosécurité, organisé lundi et mardi à Saly-Portudal, à l'intention des journalistes, sous l'égide de l'Autorité nationale de biosécurité (ANB).
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"Aujourd'hui, il y a beaucoup de perceptions autour des OGM, parce que quand on en parle, les gens ont beaucoup d'appréhensions sur les effets néfastes qui peuvent découler de la consommation des OGM. D'où l'importance, pour les journalistes, de côtoyer l'ANB qui a mis à notre disposition d'éminents professeurs qui connaissent ce qui se passe dans le secteur, parce qu'on est juste des relais entre les scientifiques et le grand public", a-t-il soutenu.
"Il est important pour nous, journalistes, qui voulons être spécialistes sur les questions environnementales, d'être sensibilisés sur ces problématiques et, ensuite, de pouvoir donner la bonne information et aussi faire des productions de qualité pour éclairer les Sénégalais", a ajouté Youssouph Bodian, journaliste à la Radio Futurs médias (RFM, privée).
Selon lui, l'objectif de telles initiatives est de permettre au consommateur de "faire librement son choix", si le Sénégal opte pour la production d'OGM, tout en sachant quelles sont les conséquences, positives ou négatives, pouvant découler de la consommation de ces produits-là.
Le Sénégal a élaboré sa stratégie nationale sur les OGM pour la période 2025-2029, qui se veut un "cadre de prévention et de gestion des risques biotechnologiques pour une utilisation sécurisée des biotechnologies modernes".
En plus de susciter un débat de société, cette problématique soulève surtout des préoccupations relevant de la sécurité biologique ou biosécurité au sens du protocole de Cartagena, un accord international dont l'objectif principal est de garantir la protection de la biodiversité et de la santé humaine face aux risques potentiels induits par les OGM issus des biotechnologies.
Ce protocole, en tant qu'instrument juridique clé de la Convention sur la diversité biologique, se concentre, à travers le principe de précaution, sur la prévention des risques liés aux OGM issus des biologies modernes, a indiqué le professeur Aliou Ndiaye, directeur exécutif de l'Autorité nationale de biosécurité (ANB).
"La biosécurité, telle qu'encadrée par le protocole de Cartagena, joue un rôle stratégique dans les politiques de développement durable, en intégrant les préoccupations environnementales, sanitaires et sociales dans l'utilisation des technologies modernes", a-t-il assuré.
Pour l'ANB, la biosécurité s'impose comme "un levier essentiel pour maximiser les bénéfices des technologies modernes", tout en minimisant leurs risques potentiels.