Lors du deuxième volet du procès du massacre du 28 septembre 2009, en cours depuis le début de l'année, le parquet a demandé mardi 23 juin une lourde peine : 10 ans de prison ferme contre le colonel de gendarmerie Bienvenu Lamah. Ce dernier, mis en cause avec d'autres officiers, nie toute implication dans le massacre d'opposants au stade de Conakry, affirmant qu'il n'était pas responsable du camp de Kaléah au moment des faits.
Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public Sidiki Camara a requis une peine de 10 ans d'emprisonnement contre le colonel Bienvenu Lamah. Le procureur soutient que les recrues du camp militaire Kaléah impliquées dans les exactions étaient placées sous son autorité. Il doit donc assumer ses responsabilités de commandement.
Mais pour Me Antoine Pépé Lamah, l'un des avocats du colonel Bienvenu Lamah, ce réquisitoire est injuste et dépourvu de toute substance probante : « C'est sur la base d'un élément léger que le parquet a, au nom de la survenance d'une prétendue circonstance nouvelle, aménagé une procédure irrégulière et frauduleuse pour le ramener à la barre de la juridiction de ce siège. Le colonel est innocent, nous allons plaider non coupable et nous espérons que ce tribunal n'hésitera pas à l'acquitter purement et simplement. »
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De leur côté, les avocats des parties civiles dénoncent une peine qu'ils estiment trop clémente. « Pour un crime quand même contre l'humanité, avec tous les dégâts qui ont été commis quand même au stade du 28 septembre, nous estimons que cette peine est très légère, déplore Me Houlématou Bah. Surtout qu'il est là pour complicité de toutes les infractions qui ont été reprochées au capitaine Moussa Dadis Camara et aux autres. »
La prochaine audience aura lieu lundi 29 juin avec toujours les plaidoiries des avocats de la défense. Un premier groupe de militaires a déjà été jugé et condamné lors du premier volet judiciaire de l'affaire.