Madagascar: Concertation nationale - Les jeunes Antsiranais réclament la décentralisation effective

Réunis en concertation régionale dans le Nord du pays, les jeunes d'Antsiranana ont exprimé leur lassitude face à un système jugé trop centralisé et réclamé un transfert effectif du pouvoir décisionnel vers les collectivités territoriales.

Lors de la concertation régionale des jeunes dans la région Diana, organisée le week-end dernier, la jeunesse antsiranaise réclame un transfert effectif du pouvoir décisionnel, des compétences et des ressources financières vers les collectivités territoriales, afin que les décisions liées au développement soient prises au plus près des réalités locales et ne soient plus dictées uniquement depuis la capitale.

Entre revendication d'un véritable pouvoir régional, défense de la culture malgache, crise de l'électricité et question du partage des revenus touristiques, les débats, étalés sur deux jours, ont mis en évidence une profonde lassitude face à un système jugé trop centralisé.

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La voix des jeunes s'est particulièrement fait entendre lors de cette réunion de concertation régionale organisée dans le Nord. Face aux défis du développement local, ils ont plaidé pour une décentralisation effective, dépassant les simples déclarations de principe. Pour eux, les territoires ne doivent plus se limiter à exécuter des décisions prises au niveau central, mais devenir de véritables acteurs de leur propre développement.

Marge suffisante

Au coeur de leurs revendications, les jeunes estiment que les régions connaissent mieux leurs priorités, leurs urgences et leurs potentialités. Dans le Nord, les enjeux liés à l'emploi, à la formation, aux infrastructures, à l'agriculture, au tourisme, à l'environnement et à l'entrepreneuriat nécessitent des réponses adaptées au contexte local. Or, ces réponses ne peuvent être efficaces que si les autorités régionales disposent d'une marge de manoeuvre décisionnelle suffisante.

À cette occasion, les échanges ont notamment porté sur les langues utilisées à l'école, la dégradation du langage dans l'espace public, l'évolution des codes vestimentaires et l'influence croissante des modèles occidentaux. Certains intervenants ont aussi dénoncé l'introduction de pratiques jugées contraires aux valeurs malgaches, comme le mariage entre personnes de même sexe.

« Seule notre propre culture peut nous faire avancer », a martelé Tom, porte-parole, tout en alertant sur la situation préoccupante de jeunes filles déscolarisées, parfois contraintes très tôt à la prostitution.

Le programme scolaire a également suscité des débats animés en commission. Des jeunes estiment être marginalisés dans l'élaboration des contenus, jugés trop centrés sur l'histoire de la capitale. Ils réclament une meilleure prise en compte des figures historiques, des écrivains, des souverains et des personnalités propres à chaque territoire.

Sur le plan institutionnel, plusieurs participants ont défendu l'idée d'une Constitution fédérale, présentée comme une piste de solution aux blocages du pays. D'autres ont exprimé des réserves, estimant que le concept de fédéralisme reste mal compris et pourrait entraîner des dérives.

Une autre proposition forte a émergé : l'abandon du régime parlementaire au profit d'un régime présidentiel, en raison de l'instabilité politique et des revirements fréquents des élus. Certains ont même plaidé pour une clarification du paysage politique autour de deux grands blocs, la gauche et la droite, sans remettre en cause le principe de séparation des pouvoirs.

En matière d'environnement et de tourisme, les jeunes ont insisté sur la nécessité de conserver localement les revenus générés dans les territoires, notamment à Nosy Be et dans l'ensemble de la région. Selon eux, ces ressources ne doivent plus être systématiquement centralisées dans la capitale, mais servir directement au développement régional.

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