Ce mercredi 24 juin, la capitale marocaine a accueilli Technovation 2026, un événement organisé par Philip Morris International (PMI) consacré aux alternatives au tabac et à leur rôle potentiel dans l'amélioration de la santé publique en Afrique. Experts, journalistes et représentants institutionnels venus d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest ont échangé sur l'avenir de la lutte contre le tabagisme, les avancées scientifiques et les politiques publiques adaptées aux réalités du continent.
Une ouverture placée sous le signe de l'innovation
L'événement s'est ouvert avec une intervention de Tommaso Di Giovanni, Vice-Président Communications et Affaires publiques de PMI. Il a rappelé que les grandes innovations ont souvent suscité la méfiance avant d'être largement adoptées. Des ceintures de sécurité aux premiers vaccins, de nombreuses avancées ont été contestées avant de devenir des références. Selon lui, les alternatives à la cigarette suivent aujourd'hui une trajectoire similaire.
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Le constat demeure préoccupant : le tabagisme reste la principale cause évitable de cancers dans le monde. Face à cet enjeu, PMI affirme investir depuis plus de dix ans dans le développement de produits sans combustion, notamment les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine. Ces alternatives représentent désormais près de 40 % du chiffre d'affaires du groupe, une proportion appelée à augmenter dans les années à venir.
Le pari d'une transition progressive
Rejoint sur scène par Taylan Süer, Directeur général Maghreb de PMI, Tommaso Di Giovanni a détaillé la vision du groupe pour accélérer l'adoption des alternatives à la cigarette traditionnelle.
Selon les deux dirigeants, cette transition repose sur quatre étapes essentielles : sensibiliser les consommateurs, favoriser l'acceptation sociale de ces produits, assurer leur disponibilité sur les marchés et garantir leur accessibilité financière afin qu'ils ne soient pas réservés à une clientèle premium.
Concernant la protection des mineurs, le message a été sans ambiguïté : « Ceux qui ne fument pas ne devraient jamais commencer. » Pour les fumeurs adultes, l'arrêt du tabac demeure la meilleure option. Toutefois, pour ceux qui ne parviennent pas à arrêter, le recours à des alternatives sans combustion pourrait constituer une solution de réduction des risques.
Les intervenants ont également souligné que le Maghreb se trouve encore aux prémices de cette transition. Selon eux, les pays africains doivent développer des cadres réglementaires adaptés à leurs réalités locales plutôt que de reproduire mécaniquement des modèles étrangers. Si une convergence des objectifs est souhaitable, chaque pays doit pouvoir définir sa propre approche en fonction de son contexte sanitaire, économique et social.
Des échanges autour de la science et de la santé publique
La matinée s'est poursuivie avec une discussion consacrée à la compréhension de la nicotine, réunissant le Pr David Khayat, professeur d'oncologie à l'Université Pierre-et-Marie-Curie, et le Dr Tomoko Iida, Directrice des affaires scientifiques de PMI.
Les intervenants ont insisté sur une distinction qu'ils jugent essentielle : selon eux, ce sont principalement les substances toxiques générées par la combustion du tabac qui sont responsables des cancers liés au tabagisme, et non la nicotine elle-même. Une nuance qui, ont-ils souligné, demeure encore insuffisamment connue du grand public et parfois même de certains professionnels de santé.
La souveraineté africaine au cœur des discussions
L'après-midi a été consacré à plusieurs panels réunissant des experts venus notamment du Maroc, de Tunisie, de Libye et du Sénégal. Les débats ont porté sur deux thématiques majeures : la souveraineté africaine dans l'élaboration des politiques de santé publique et le droit des consommateurs à accéder à une information transparente sur les alternatives au tabac.
Au terme de cette journée, Technovation Rabat 2026 aura permis de rassembler scientifiques, décideurs publics et acteurs industriels autour d'un enjeu commun : explorer les moyens d'accélérer la transition vers des produits potentiellement moins nocifs que la cigarette traditionnelle, tout en tenant compte des spécificités économiques, sanitaires et réglementaires propres aux pays africains.