L'épidémie d'Ebola est-elle en train de s'exporter ? Historiquement, d'autres pays à l'étranger ont également été touchés de manière ponctuelle.
Il y a eu déjà le cas des Etats-Unis (2014-2015), où plusieurs patients ont été traités (dont des travailleurs humanitaires rapatriés), ainsi que quelques cas importés, comme celui d'un voyageur arrivé du Liberia qui a développé la maladie à Dallas. On note aussi le cas de l'Europe (2014-2015), où l'Espagne et le Royaume-Uni ont enregistré des cas secondaires isolés (personnes contaminées en soignant des patients rapatriés ou des missionnaires).
Des pays comme l'Italie et l'Allemagne ont également accueilli et soigné des patients évacués depuis des zones d'épidémie. Dernier cas en date, celui du médecin humanitaire testé positif à Ebola en France, de retour d'une mission en République démocratique du Congo. C'est donc là le principal cas récent identifié sur le territoire français et hors d'Afrique. On dit que le cas n'est pas vraiment grave, mais comme on dit, les maladies voyagent aussi comme les hommes.
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En attendant, la situation sur le terrain est actuellement marquée par une épidémie majeure du variant inhabituel d'Ebola Bundibugyo qui sévit en RDC et s'étend en Ouganda. Les zones isolées et les provinces instables sont les plus durement touchées, ce qui rend la prise en charge médicale difficile. Des déplacements de populations accentuent la propagation.
La province de l'Ituri, par exemple, est la plus touchée (notamment Bunia, Rwampara et Mongbwalu), avec des centaines de cas suspects et de cas confirmés. Les décès se chiffrent à plusieurs centaines. L'épidémie s'étend désormais à d'autres zones du nord-est et des cas se rapprochent de grands centres urbains. En Ouganda, le virus a franchi les frontières, des cas confirmés signalés dans la capitale, Kampala, impliquant des voyageurs en provenance de l'Ituri. Avec plus de 1 000 cas confirmés et plus de 200 décès recensés, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la situation d'extrêmement grave. Malheureusement, un malheur n'arrive jamais seul.
A l'épidémie d'Ebola est venu se greffer un problème alimentaire. Cette crise alimentaire continue de s'accentuer dans l'est de la RDC, alors que le nombre de zones de santé touchées par l'épidémie d'Ebola est passé de 29 à 33 cette semaine. Parmi elles, six sont désormais classées en phase d'urgence alimentaire.
Cette exacerbation de l'insécurité alimentaire s'inscrit dans un contexte marqué par un manque de financements, une insécurité persistante et des difficultés d'accès aux marchés et à la nourriture. Près de 3 millions de personnes sont en détresse alimentaire. On note une flambée des prix et un accès alimentaire compromis.
Cela aggrave une situation déjà précaire. Il faut donc espérer que la communauté internationale mettra tous les moyens qu'il faut pour circonscrire le problème, parce qu'il n'est plus seulement un problème de la RDC et de l'Ouganda. Quand on voit le cas du Français, on réalise qu'à tout moment tous les pays peuvent être touchés.