L'ONU a requalifié la détention du militant des droits humains Moussa Tchangari comme disparition forcée. Dans un rapport rendu public ce mardi 23 juin, le Groupe de travail sur la détention arbitraire estime que son emprisonnement est « arbitraire » et appelle les autorités nigériennes à faire respecter le droit international.
L'arrestation du militant pour les droits humains nigérien Moussa Tchangari est arbitraire, juge l'ONU. Ce sont les conclusions d'un rapport de 12 pages adopté du côté de Genève le 23 mars dernier.
Le groupe de travail sur la détention de Moussa Tchangari s'est intéressé de près à l'arrestation, au procès et à la détention du secrétaire général de l'ONG Alternative espace citoyen, et conteste explicitement l'ensemble du déroulé. Ce dernier ne respecterait pas le droit international.
Le groupe de travail estime que « la privation de liberté de Moussa Tchangari est arbitraire » et demande au gouvernement nigérien de prendre des mesures compatibles avec les normes du droit international. Il préconise également de libérer immédiatement le militant et de lui accorder le droit d'obtenir réparation.
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L'ONG de Moussa Tchangari appelle le gouvernement à « suivre l'avis » de l'ONU
Mamane Kaka Touda, membre de l'association Alternative espace citoyen, joint par RFI, se dit « réconforté dans ses positions » car l'ONG n'est « pas seule à croire et à clamer haut et fort l'innocence de Moussa Tchangari ».
Concernant la suite de la procédure, il explique que « pour la crédibilité du Niger et les respects des engagements pris par le gouvernement en matière de droit », cet avis de l'ONU doit être respecté.
« Il n'a rien de terroriste parce que les chefs d'inculpation qui sont retenus contre lui, les cinq, on parle d'apologie du terrorisme, atteinte à la sûreté de l'État... Et on sait que quelqu'un comme Moussa Tchangari, défenseur chevronné des droits humains pendant plus de 35 ans, ne peut être lié ou associé à ce genre de crime. Il serait impérieux que les autorités militaires au pouvoir puissent quand même respecter cet avis. »
Moussa Tchangari, arrêté le 3 décembre 2024 et détenu actuellement à la prison de Fillingué, est notamment poursuivi pour apologie du terrorisme, atteinte à la sûreté de l'État et à la défense nationale.
