Congo-Kinshasa: La coalition au pouvoir critique l'opposition de l'Église catholique à un changement de Constitution

Le week-end du 20-21 juin 2026, l'Église catholique congolaise (Cenco) a pris position contre tout changement de la Constitution en RDC. La Conférence épiscopale a en effet estimé dans une déclaration qu'il n'y avait ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité d'une telle initiative. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir le camp au pouvoir, qui soutient ce projet de réforme constitutionnelle. L'Union sacrée de la Nation a qualifié la position des évêques d'acte de subversion.

Pour le camp au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC), cette déclaration de la Conférence épiscopale nationale (Cenco) incite « manifestement au soulèvement populaire et au renversement de l'ordre constitutionnel », peut-on lire dans le communiqué de l'Union sacrée de la Nation, coalition parlementaire qui soutient le chef de l'État. Elle demande aux religieux de faire preuve de retenue, même si elle reconnait qu'il peut y avoir débat démocratique autour de la réforme constitutionnelle.

Le camp au pouvoir se dit néanmoins « indigné » par la prise de position des évêques qui ne peuvent, toujours selon le texte, « s'attribuer le monopole de la vérité ni de la raison sur la question vitale qui engage notre destin commun ».

Une « diversion »

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Sur le réseau social X, invité lors d'un échange animé par le journaliste Stanis Bujakera, monseigneur Donation Nshole a répondu à l'Union sacrée. Pour le secrétaire général de la Cenco, cette déclaration est une « diversion », ajoutant que « le pays va mal et que chacun doit faire ce qu'il peut pour réunifier la Nation ».

À l'issue d'une table ronde de trois jours, la Cenco avait estimé le 20 juin que « tout passage en force [au sujet d'une réforme constitutionnelle, NDLR] comporte des risques énormes, dont la balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d'une autre guerre civile est à redouter ».

Le Parlement congolais a adopté le 15 juin 2026 une proposition de loi fixant les conditions d'organisation du référendum en RDC, lors de la dernière séance de la session ordinaire, qui se déroule de mars à juin. Le texte, adopté par l'Assemblée nationale et le Sénat en termes identiques, sera transmis dans les prochains jours, pour promulgation, au chef de l'État, accusé par l'opposition de vouloir en profiter pour effectuer un troisième mandat.

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