Luanda — Des experts internationaux ont plaidé vendredi à Luanda pour un renforcement de la connectivité régionale, de la numérisation et de la coopération entre les pays africains afin d'accélérer la croissance du tourisme sur le continent et d'améliorer sa compétitivité sur le marché mondial.
Cette position a été présentée lors de la table ronde « Connectivité et croissance du tourisme : ouvrir de nouveaux marchés », organisée dans le cadre du Forum mondial du tourisme, qui a réuni des représentants d'organisations internationales liées aux secteurs du tourisme, de l'aviation, de l'hôtellerie et du développement, en marge du Sommet Angola Investment 2026, qui s'est achevé le même jour dans la capitale angolaise.
La directrice générale de l'Association africaine du voyage et du tourisme (ATTA), Virginia Messina, a souligné que la connectivité va bien au-delà des liaisons aériennes et englobe également la facilitation des visas, les systèmes numériques, la circulation des données et l'intégration entre les différents secteurs économiques.
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Selon elle, le tourisme repose sur un écosystème complet et ne peut prospérer sans un accès efficace, une connectivité optimale et une collaboration étroite entre les différentes parties prenantes.
Virginia Messina a insisté sur le fait que l'Afrique peut tirer des enseignements d'autres régions du monde, notamment de la région Asie-Pacifique, où l'amélioration des liaisons aériennes a contribué de manière significative à l'augmentation du flux touristique.
« Aujourd'hui, la connectivité ne se résume pas aux compagnies aériennes. La numérisation et les nouvelles technologies jouent un rôle fondamental pour renforcer la connectivité des régions et du monde », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné la nécessité d'une plus grande intégration entre les pays africains, compte tenu du vaste potentiel touristique encore inexploité du continent.
Lors du débat, Virginia Messina a également mis en lumière l'importance du développement de plateformes aéroportuaires régionales, citant l'exemple de l'Éthiopie, dont la stratégie a transformé Addis-Abeba en un centre de correspondance majeur pour l'Afrique de l'Est.
Elle a toutefois averti que l'expansion des liaisons aériennes exige des études de marché, une analyse de la demande et une coopération étroite entre les gouvernements, les aéroports et les compagnies aériennes.
« Il ne suffit pas de vouloir une nouvelle liaison. Il est indispensable de comprendre la demande et de créer les conditions de sa pérennité », a-t-elle affirmé.
De son côté, Lila Aranguzov, conseillère et experte de l'Union européenne, a cité l'expérience européenne comme exemple de la manière dont la coopération régionale peut dynamiser le tourisme.
Elle a expliqué que, bien que chaque pays de l'Union européenne dispose de sa propre stratégie touristique, des mécanismes tels que l'espace Schengen facilitent la circulation des personnes entre les États membres, stimulant ainsi les voyages et l'activité économique.
L'experte a estimé que l'Afrique pourrait tirer profit d'initiatives similaires, notamment par la signature d'accords bilatéraux et régionaux facilitant les déplacements entre les pays, favorisant les investissements, la création d'emplois et le partage des connaissances et des compétences.
Lila Harangozo a également souligné que de nombreux pays africains restent méconnus sur les marchés internationaux, recommandant donc de renforcer les efforts de promotion du continent, tant sur les marchés extérieurs qu'auprès des Africains eux-mêmes.