Luanda — L'Angola a réalisé des progrès significatifs dans la mise en œuvre des exigences du Groupe d'action financière (GAFI), deux recommandations étant considérées comme largement satisfaites, a annoncé ce mercredi à Luanda la directrice générale de la Cellule de renseignement financier (CRF), Fausta Muzumbi.
En marge d'un atelier de dialogue entre les secteurs public et privé sur le rôle des médias dans le système national de prévention et de lutte contre le blanchiment d'argent, organisé par la CRF, Fausta Muzumbi a expliqué à la presse que le pays avait finalisé l'évaluation nationale des risques et les évaluations sectorielles correspondantes, étapes fondamentales du plan d'action convenu avec le GAFI. Selon la responsable, la stratégie nationale vise à sortir de la liste grise et à consolider les mécanismes garantissant la conformité technique des institutions et évitant un retour au processus de surveillance renforcée.
Elle a souligné que la réalisation de cet objectif repose sur l'engagement conjoint des institutions nationales et la consolidation d'une culture de prévention et de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Dans le cadre des efforts déployés par l'UIF pour se rapprocher de la société, Fausta Muzumbi a annoncé que les actions de communication et de sensibilisation seront renforcées auprès des journalistes et du public, grâce à la diffusion périodique d'informations sur le niveau de mise en œuvre des mesures adoptées par le pays conformément aux recommandations internationales.
De son côté, le directeur général adjoint de l'UIF, António dos Santos, a également souligné l'importance du partage d'informations entre les institutions composant le système national de prévention et de lutte contre le blanchiment d'argent, ainsi que le renforcement de la formation des techniciens et des points focaux chargés de la coordination institutionnelle. Concernant les déclarations d'opérations suspectes, il a indiqué que l'institution reçoit un volume considérable d'informations, traitées en continu par le biais des mécanismes de surveillance existants.
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Il a toutefois précisé qu'une opération suspecte ne signifie pas nécessairement l'existence d'un délit de blanchiment d'argent. Le directeur général adjoint a réaffirmé que l'Angola poursuit un processus de surveillance renforcée et s'est dit confiant quant aux résultats des mesures en cours, soulignant l'engagement des autorités nationales à garantir le respect des recommandations internationales et à obtenir le retrait de la liste grise du GAFI.
Le placement de l'Angola sur la liste de surveillance renforcée du GAFI fait suite à une visite d'inspecteurs de cette institution internationale en 2021. Ces derniers ont identifié 87 carences liées au système de prévention et de lutte contre le blanchiment d'argent. L'Angola a réussi à en corriger 70 d'ici 2025 et s'est engagé à remédier aux autres dans un court délai.
Dans sa dernière évaluation, réalisée le 24 octobre 2025, le GAFI a examiné les rapports d'un groupe de pays africains se trouvant dans la même situation depuis plus longtemps que l'Angola, notamment l'Afrique du Sud, le Mozambique, la Namibie, le Nigéria, la Tanzanie, le Cameroun et la République démocratique du Congo (RDC).
L'atelier de dialogue entre les secteurs public et privé sur le rôle des médias dans le système national de prévention et de lutte contre le blanchiment d'argent a marqué le début d'une stratégie visant à renforcer la collaboration entre la Cellule de renseignement financier (CRF) et les médias, afin d'améliorer la compréhension, par le public, de la mission et des défis de l'institution.