Luanda — Le gouvernement angolais a lancé ce mercredi à Luanda le projet « AgriConnect » 2025-2030, une initiative visant à transformer le système agroalimentaire, à attirer les investissements privés et à accélérer la diversification économique nationale le long des corridors Lobito et Malanje.
Ce programme, cofinancé par la Banque mondiale (BM), en coordination avec les ministères de l'Agriculture et des Forêts (MINAGRIF) et de la Planification (MINPLAN), prévoit une mobilisation financière globale pouvant atteindre 1,45 milliard de dollars américains à long terme. Parmi les principaux objectifs sociaux d'ici à 2030, on note la création de plus de 445 000 emplois, dont 40 % (environ 178 000) seront réservés aux femmes.
D'après le document méthodologique du programme, présenté par Anderson Jerónimo, directeur du Bureau d'études et de planification du MINAGRIF, AgriConnect vise à répondre aux défis structurels du secteur agroalimentaire angolais et à réduire sa dépendance extérieure. Actuellement, l'agriculture représente 19 % du produit intérieur brut (PIB) national et emploie 50,7 % de la population active. Le secteur est dominé par environ 3,2 millions d'exploitations familiales, qui représentent plus de 90 % des surfaces cultivées et assurent entre 80 et 85 % de la production de denrées alimentaires de base.
Malgré ce potentiel, l'Angola enregistre toujours un déficit commercial agroalimentaire annuel important, dépassant 2,4 milliards de dollars. Selon les données présentées, le plan met en évidence de faibles taux de productivité, dus à une utilisation insuffisante des intrants modernes et à une irrigation limitée. La moyenne nationale d'utilisation d'engrais n'est que de six kilogrammes par hectare (kg/ha), et la couverture irriguée n'atteint que 2,5 % de la superficie cultivée (130 000 hectares à l'échelle nationale).
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De plus, on constate une sous-utilisation des capacités agro-industrielles installées, notamment un déficit annuel de transformation d'environ 560 000 tonnes dans la production d'aliments pour animaux et une capacité inutilisée dans la mouture industrielle estimée à 3,6 millions de tonnes par an. Pour remédier à cette situation, AgriConnect a défini des objectifs macroéconomiques et sociaux à l'horizon 2030, structurés autour de trois axes d'impact direct.
En matière de croissance économique, il est prévu que les importations alimentaires de l'Angola diminuent de 12 à 19 %, générant ainsi des économies annuelles estimées entre 250 et 300 millions de dollars. Concernant la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l'objectif est de garantir la sécurité alimentaire de 5,23 millions de personnes et de retirer 186 000 enfants de moins de cinq ans de la malnutrition chronique.
Quant à l'inclusion sociale, on estime que 11 200 nouveaux jeunes producteurs (de moins de 35 ans) seront intégrés et qu'au moins 45 % des emplois dans la transformation agro-industrielle seront occupés par des femmes. Par ailleurs, 60 % des micro, petites et moyennes entreprises rurales seront dirigées par des jeunes.
Le lancement de ce plan s'est déroulé en présence du ministre de l'Agriculture et des Forêts, Isaac dos Anjos, du directeur régional de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Est et australe, ainsi que de représentants d'institutions financières, du secteur privé et d'organisations de producteurs.