Sénégal: Cheikhou Oumar Ba mise sur le renforcement des moyens de l'ISRA pour améliorer la vie des agriculteurs

Dakar — Le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, Cheikhou Oumar Ba, souhaite renforcer les ressources humaines et matérielles de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), pour en faire un outil de résolution des problèmes des agriculteurs.

"L'ISRA fait un travail extrêmement important depuis sa création, en 1974. Mais [...] nous devons renforcer cette institution de recherche", a dit M. Ba dans une interview accordée à l'APS.

"Je suis convaincu que si on renforce les ressources humaines de l'ISRA en mettant à sa disposition les moyens techniques nécessaires en même temps, en faisant en sorte qu'il collabore avec les universités et d'autres centres de recherche, nous pourrons avoir une recherche pilotée par la demande et prendre en charge les préoccupations des communautés", a assuré le nouveau ministre, ancien directeur du bureau d'analyse macroéconomique de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (2001-2004).

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Interrogé sur le rôle de l'ISRA, qui est placé sous la tutelle du ministère qu'il dirige, Cheikhou Oumar Ba affirme que l'institut de recherche doit "servir à résoudre les problèmes" des agriculteurs. "J'ai une référence dans ma vie : Dr Jacques Faye. Lorsque j'étais à l'ISRA, il nous disait toujours qu'il fallait piloter la recherche par la demande. Il ne s'agit pas de s'enfermer dans une 'tour d'ivoire' pour produire des évidences scientifiques. Les technologies générées par la recherche doivent servir à résoudre les problèmes des populations. C'est dans cet esprit que nous envisageons d'accompagner la recherche, à l'aide de l'ISRA", a-t-il expliqué.

Le défunt sociologue Jacques Faye fut directeur général de l'Institut sénégalais de recherches agricoles.

Un capital semencier de bonne qualité

"Aujourd'hui, au-delà de l'ISRA, l'écosystème de la recherche s'est diversifié avec les universités régionales, les pôles territoriaux...", a souligné le nouveau ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Elevage, ajoutant : "La pandémie de Covid-19 nous rappelle à quel point la recherche est essentielle."

A son avis, l'institut de recherche doit mettre au point des variétés de semences adaptées aux changements climatiques et aux spécificités des zones agroécologiques du pays. "Si nous n'avons pas un capital semencier de bonne qualité, nous ne pourrons pas produire suffisamment. En raison des changements climatiques, les variétés de semences générées par la recherche doivent être adaptées aux zones agroécologiques, de Ziguinchor à la vallée du fleuve Sénégal, de Kédougou à Dakar", a-t-il dit.

Cheikhou Oumar Ba, socio-anthropologue, a consacré au moins vingt-cinq années aux activités du secteur primaire.

Fondateur de l'Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), un centre de recherche indépendant, basé à Dakar et dédié à l'agriculture et au monde paysan d'Afrique de l'Ouest, il l'a dirigé pendant plusieurs années.

M. Ba était ministre, conseiller du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. A ce titre, il était chargé des questions du secteur primaire, avant d'être appelé, depuis le remaniement du 1er juin dernier, à diriger le ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage.

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