Le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, le Dr Cheikhou Oumar Bâ, a présenté la vision du Sénégal pour une transformation durable du secteur agricole lors d'un panel ministériel de haut niveau organisé dans le cadre de l'Atelier régional de mise en oeuvre des projets et du Forum paysan du Fonds international de développement agricole (Fida) tenu mardi 23 juin à Abidjan.
Face aux défis du financement, de la productivité agricole et de la résilience climatique, le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, le Dr Cheikhou Oumar Bâ, a mis en avant, mardi 23 juin, à Abidjan, lors du Forum paysan du Fonds international de développement agricole (Fida), les réformes engagées par l'État du Sénégal pour accélérer l'exécution des investissements ruraux et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. C'est ce qu'indique un document dont copie nous parvenue.
Selon lui, le gouvernement a fait de la levée des contraintes administratives et budgétaires une priorité. Cette dynamique s'inscrit dans le cadre de l'Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » et du Plan de redressement économique et social (Pres 2025-2028). Parmi les mesures phares figurent l'inscription d'autorisations d'engagement pluriannuelles dans les lois de finances afin de garantir la continuité des programmes structurants, la modernisation des procédures de passation des marchés et la digitalisation de la chaîne de la dépense publique.
Le ministre a également souligné le rôle déterminant du numérique dans la modernisation de l'agriculture sénégalaise. Le Système de gestion des intrants (Sgi), les registres numériques des bénéficiaires, la digitalisation des subventions agricoles à travers les e-vouchers et la monnaie électronique, ainsi que les plateformes de collecte et de suivi évaluation constituent désormais des outils majeurs pour améliorer le ciblage des producteurs et renforcer la transparence dans la gestion des ressources.
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Le Dr Cheikhou Oumar Bâ a insisté sur la place centrale des organisations de producteurs dans cette transformation. Grâce à leurs réseaux, elles participent à l'enrôlement numérique des exploitants, à la collecte des données et à la diffusion des innovations auprès des agriculteurs, permettant ainsi un passage à l'échelle plus rapide des solutions développées.
La question de la résilience climatique a également occupé une place importante dans les échanges. Le ministre a rappelé que le Sénégal dispose désormais d'un cadre stratégique renforcé avec la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2024-2034, la Lettre de politique sectorielle de l'agriculture et de l'élevage (Lpsae 2025-2029), le Plan national d'adaptation du secteur agricole et le Plan d'investissement pour une agriculture intelligente face au climat.
Dans cette perspective, le pays mise notamment sur la diffusion de semences certifiées adaptées aux aléas climatiques, le développement de l'irrigation alimentée par l'énergie solaire, la restauration des terres dégradées et la promotion de pratiques agroécologiques, telles que le compostage et la fertilisation raisonnée. M. Bâ a également mis en exergue l'importance des nouvelles technologies dans l'amélioration de la productivité agricole.
Les solutions d'agriculture de précision, fondées sur l'Intelligence artificielle, l'imagerie satellitaire et les capteurs connectés, permettent, aujourd'hui, d'optimiser les rendements tout en réduisant les impacts environnementaux. Une attention particulière est accordée à l'emploi des jeunes et à l'entrepreneuriat rural. À travers des initiatives comme Agri-Jeunes « Tekki Ndaw Ñi », les jeunes producteurs sont accompagnés dans l'adoption de solutions durables, notamment l'énergie solaire et les techniques agroécologiques.
La Bad annonce un renforcement de son soutien au Sénégal Au deuxième jour de l'atelier, hier, mercredi 24 juin, le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage a rencontré le Dr Martin Fregene, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad). Selon un communiqué, cette séance de travail a été l'occasion pour les deux responsables de faire le point sur le portefeuille des projets agro-pastoraux financés au Sénégal et d'examiner les perspectives de renforcement de la coopération entre le gouvernement et l'institution financière panafricaine.
Les échanges ont particulièrement porté sur l'état d'avancement des programmes en cours dans le sous-secteur agro-pastoral. Les deux parties ont procédé à une évaluation des réalisations enregistrées tout en identifiant les contraintes qui ralentissent l'exécution de certains projets. Face aux défis liés à la transformation du secteur, ils ont réaffirmé leur volonté commune d'intensifier les efforts afin de lever les obstacles identifiés et de garantir une mise en oeuvre plus efficace des programmes.
Cette dynamique s'inscrit dans les orientations stratégiques définies par les autorités sénégalaises pour renforcer la production nationale, améliorer la sécurité alimentaire et créer davantage d'opportunités économiques en milieu rural. Au terme des discussions, le vice-président de la Bad a réitéré l'engagement de son institution à soutenir les nouvelles priorités du gouvernement sénégalais.
Il a surtout assuré de la disponibilité de la Banque à mobiliser davantage de ressources financières en faveur du portefeuille agro-pastoral du Sénégal afin d'accélérer la réalisation des projets structurants. L'institution continentale entend encore accorder une attention particulière aux initiatives destinées aux femmes et aux jeunes, considérés comme des acteurs incontournables du développement économique et social du monde rural.