Ile Maurice: Narendranath Gopee dénonce la réforme de la pension et réclame une stratégie éducative durable

Lors d'une conférence de presse tenue hier, mercredi 24 juin, la National Trade Union Confederation a dressé un tableau critique du Budget 2026-2027 et des réformes en cours, notamment sur la pension, l'éducation et la gouvernance économique. Le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, a dénoncé un manque de vision à long terme et une série de décisions jugées déconnectées des réalités sociales. Il affirme que les tensions actuelles traduisent une contestation sociale «d'une ampleur inédite» dans le pays.

Sur le plan éducatif, Gopee a dressé un constat préoccupant d'un système qu'il estime fragilisé par l'absence de planification stratégique durable. Il relie cette situation à plusieurs dérives sociales, dont la progression des échecs scolaires et la hausse de comportements à risque chez les jeunes. Selon lui, plus de 20 % d'élèves dans certaines zones prioritaires rencontreraient des difficultés majeures de réussite.

Pour y remédier, il propose la réactivation du National Education Council, prévu par l'article 5 de l'Education Act mais jamais pleinement opérationnel. Cette instance permettrait, selon lui, de bâtir une stratégie éducative sur 20 à 40 ans, indépendante des cycles politiques, et de sécuriser les réformes annoncées dans le Budget 2026-2027, jugées trop vagues et insuffisamment financées.

Le dossier de la pension a dominé les échanges. Le syndicaliste critique vivement la réforme de la Basic Retirement Pension, dont le coût est estimé à environ Rs 54 milliards par an, tandis que les économies envisagées atteindraient près de Rs 13 milliards à l'horizon 2027-2028. Il s'oppose au principe du means testing, rappelant que la pension universelle est un acquis historique. Il propose plutôt un plafonnement de revenus à Rs 100 000 pour les actifs de plus de 60 ans. Il défend également le maintien de la Contribution sociale généralisée comme outil de financement, tout en accusant l'influence d'un «comité fantôme» dans la préparation des réformes.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Abordant les enjeux émergents, Gopee met en garde contre l'impact de l'intelligence artificielle (IA), susceptible de supprimer de nombreux emplois répétitifs d'ici 2030. Il réclame la création d'un Conseil national de l'IA pour encadrer cette transition. Il exprime aussi des inquiétudes concernant les réformes sécuritaires et le Public Gathering Act, qu'il juge potentiellement restrictifs pour les libertés publiques et syndicales.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.