Sénégal: Malnutrition au pays - Une perte de 856 millions de dollars chaque année

Chaque année, le Sénégal, perd l'équivalent de 856 millions de dollars à cause de la malnutrition. Cette information est donnée par Docteur Mbaye Sène, Secrétaire exécutif du Conseil national de développement et de la nutrition (CNDN).

Ce dernier explique que derrière ces chiffres se cache une opportunité perdue, des talents frais, des capacités réduites et une partie du potentiel collectif qui s'évapore silencieusement. Il s'exprimait hier, mercredi 24 juin, lors de la rencontre de son institution avec l'Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD) sur l'état de la malnutrition au Sénégal, surtout chez les sujets enfants et femmes enceintes.

La malnutrition demeure une réalité au Sénégal. Dans certaines régions, elle reste préoccupante, avec des disparités. C'est le cas à Matam où la prévalence est à 15% chez les enfants de moins de 5 ans, dépassant le seuil national qui est 10%. Selon les experts du Conseil national de développement et de la nutrition (CNDN), le retard de croissance connait le même sort que la malnutrition.

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Cette réalité concerne toutes les couches de la société, des enfants, adolescents, adultes, âgés. « Les chiffres ne changent pas les comportements, les politiques non plus. Ce qui les change, c'est la compréhension des enjeux de la nutrition. Et cette compréhension passe par une information fiable et accessible », a lancé Docteur Mbaye Sène, Secrétaire exécutif du Conseil national de développement et de la nutrition (CNDN) à l'endroit des journalistes.

Dr Sène a aussi estimé que ce phénomène engendre, chaque année, pour le Sénégal, une perte équivalente à 856 millions de dollars, à cause de la malnutrition. Il explique que derrière ces chiffres se cache une opportunité perdue, des talents frais, des capacités réduites et une partie du potentiel collectif qui s'évapore silencieusement. Face à cette réalité, il soutient qu'une question se pose : comment réagir ?

« Le Sénégal a accompli néanmoins des progrès importants ces dernières années, avec le retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans qui est passé de 26,5% en 2010 à 17,5% en 2023. Une gouvernance nutritionnelle solide a été mise en place autour du Conseil national de développement de la nutrition, sous l'autorité de Monsieur le Premier ministre, avec un Plan stratégique multisectoriel de la nutrition qui mobilise plus de 20 secteurs, dont 14 ministères sectoriels, autour d'une vision commune. Cependant, ces avancées ne doivent pas masquer les défis qui subsistent », a-t-il fait savoir.

Et d'estimer : « la malnutrition demeure l'un des principaux défis du développement humain et la sous-nutrition persiste encore dans certaines zones en Afrique, en particulier au Sénégal. Les carences en micronutriments continuent d'affecter des millions d'enfants et des femmes et dans le même temps, nous assistons à une progression du surpoids, des maladies comme l'obésité et d'autres maladies liées à notre alimentation. Autrement dit, nous faisons face à un double fardeau nutritionnel ».

Pour Dr Sène, il existe un investissement fondamental qui commence avant même la naissance et dont les effets se prolongent toute une vie qui s'appelle la nutrition. « Aucun pays ne peut durablement construire une économie forte avec un capital humain fragile. C'est pourquoi la nutrition constitue une économie forte, ne peut être considérée comme une simple question de santé publique seulement, car elle influence la réussite scolaire, la productivité économique, la résilience des familles et finalement le développement de toute une nation » a-t-il avancé.

Pour Eugène Kaly, président de l'AJSPD, le rôle du journaliste est d'informer vrai en se basant sur des faits, pour amener les populations à améliorer leurs comportements. « L'année passée, l'AJSPD avait organisé un concours de meilleurs reportages après avoir fait une caravane dans la région de Diourbel notamment les districts sanitaires de Touba, de Bambey et Diourbel sur les questions de la malnutrition qui a été sanctionnée par le prix de meilleurs reportages sur les différentes catégories. Et cette année, nous souhaitons, avec le soutien et la collaboration de CNDN, poursuivre dans la même lancée et travailler sur les questions de la malnutrition », a-t-il dit.

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