Le Sénat du Zimbabwe a approuvé mercredi 24 juin à une écrasante majorité une réforme constitutionnelle prolongeant de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa, lui permettant de rester au pouvoir jusqu'en 2030, a-t-on appris de source officielle.
« 75 sénateurs ont voté en faveur (...) du projet de loi et quatre se sont prononcés contre », a déclaré à la télévision nationale la présidente du Sénat, Mabel Chinomona.
Cette révision d'ampleur, approuvée en février par le gouvernement, prévoit notamment de prolonger le mandat du président - de même que celui des parlementaires - de cinq à sept ans, mais aussi de remplacer l'élection du chef de l'État au suffrage universel par une désignation par le Parlement. Elle supprime ainsi les élections présidentielles au suffrage direct qui avaient été introduites en 1987, sept ans après l'indépendance.
Emmerson Mnangagwa est arrivé au pouvoir en 2017 à la faveur d'une révolution de palais soutenue par l'armée qui a renversé Robert Mugabe, président pendant 30 ans. Il a été élu pour deux mandats de cinq ans, en 2018 et en 2023, ce qui correspond à la limite constitutionnelle pour un président.