À Madagascar, le principal patronat du pays, le GEM, qui rassemble plus de 30 groupements d'entreprises, vient de suspendre tout dialogue avec l'État suite à une affaire judiciaire dans laquelle plusieurs représentants du patronat sont mis en cause depuis des mois, sans qu'aucune décision de justice ne soit rendue. À la veille de la fête nationale, c'est un nouveau signal de tension pour le gouvernement de la Refondation.
Dans un communiqué publié ce mardi, le Groupement des entreprises de Madagascar annonce qu'il suspend sa participation à tous les organes de dialogue avec l'État. Cela inclut la Caisse nationale de prévoyance sociale, la CNaPS, qui gère les retraites des travailleurs malgaches.
Pour comprendre, il faut remonter à 2021. Cette année-là, la CNaPS prête onze milliards d'ariary, soit deux millions d'euros, à une société liée à la mairie d'Antananarivo. Une opération validée par le Conseil d'administration de la caisse, où siègent vingt-quatre membres, dont des représentants du patronat. Mais la CNaPS n'a jamais entièrement remboursé et la justice malgache enquête depuis sur des soupçons d'abus de fonction et de détournement de fonds.
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L'organisation patronale déplore que, sur ces vingt-quatre administrateurs de la CNaPS, seuls cinq, tous représentants du GEM, font l'objet de poursuites. Certains sont sous contrôle judiciaire, d'autres sous interdiction de quitter le territoire. Le GEM rappelle que la décision d'investir a été collective.
En mars dernier, le patronat a demandé aux autorités un non-lieu pour ses représentants sans réponse à ce jour, d'où la rupture annoncée aujourd'hui.
Le GEM dit maintenir cette position jusqu'à ce que, selon ses mots, les conditions d'un État de droit et d'une égalité de traitement soient rétablies.