Toute personne en provenance des zones affectées par la maladie à virus Ebola devra désormais observer une période de suivi de 21 jours avant d'effectuer un déplacement sur le territoire national ou à l'international. Cette mesure a été annoncée mercredi 25 juin par le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, à la télévision nationale congolaise, dans le cadre du renforcement de la riposte contre l'épidémie qui sévit actuellement en Ituri.
Cette décision intervient alors que les autorités sanitaires continuent de faire face à de nouveaux cas de contamination, y compris parmi les professionnels de santé engagés dans la prise en charge des malades.
Selon le ministre, à travers l'instauration d'une période de suivi de 21 jours, correspondant à la durée maximale d'incubation du virus, les autorités congolaises entendent renforcer la surveillance des personnes potentiellement exposées et limiter les risques de propagation de la maladie à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.
Plus d'une dizaine de soignants infectés
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Dr Roger Kamba a également salué l'engagement des personnels soignants mobilisés en première ligne dans la lutte contre cette maladie hémorragique déclarée le 15 mai dernier.
Il a expliqué que plus d'une dizaine d'agents de santé ont déjà contracté le virus depuis le début de l'épidémie. Un bilan qui témoigne des risques auxquels sont exposés les intervenants chargés de la prise en charge des patients et de la surveillance sanitaire.
Le ministre est notamment revenu sur le cas récent d'un médecin réanimateur de nationalité française travaillant pour l'ONG ALIMA au Centre de traitement d'Ebola de Rwampara, situé à la périphérie sud-ouest de Bunia. Ce dernier a été déclaré positif à Ebola mercredi en France, après avoir quitté la République démocratique du Congo.
« C'est un vrai cas contact de l'ONG ALIMA où travaillait ce réanimateur à l'hôpital de Rwampara. Je suis allé moi-même voir leur travail. Cela montre que même pour quelqu'un d'expérimenté, une erreur peut survenir après plusieurs semaines ou plusieurs mois d'intervention », a déclaré Roger Kamba.
Selon le ministre, le médecin avait terminé sa mission en RDC avant de transiter par Kinshasa le 19 juin puis de quitter le pays le 22 juin via l'aéroport international de N'djili. À ce moment-là, il ne présentait aucun symptôme évocateur d'Ebola.
« Il n'avait pas de symptômes, donc il n'était pas contagieux. Il a été contrôlé à l'aéroport et ne présentait pas de fièvre. C'est après son arrivée en France qu'il a développé des signes de la maladie. Connaissant les symptômes d'Ebola, il s'est présenté à l'hôpital où le test s'est révélé positif », a expliqué le ministre.
Le gouvernement réaffirme par ailleurs son soutien aux équipes médicales et aux partenaires engagés dans la riposte, tout en appelant la population au respect des mesures de prévention et à la collaboration avec les services de santé.