Afrique du Sud - Le pays retient son souffle avant la marche anti-immigration illégale du 30 juin

En Afrique du Sud, nationaux et non-nationaux se préparent à une journée sous haute tension mardi 30 juin, date choisie par plusieurs groupes anti-immigration pour organiser des mobilisations nationales et réclamer le départ des étrangers en situation irrégulière. Les épisodes de violences xénophobes meurtrières, notamment en 2008, 2015, 2016 et 2019 sont encore frais dans les esprits. La mort d'un ressortissant malawite, la veille, dans la ville de Pietermaritzburg - qui fait l'objet d'une enquête - ravive les inquiétudes.

Cité par Rfi, Musa KaHlongwa, à la tête de United South Africans, a lu le 25 juin 2026 lors d'un point de presse, une déclaration commune à la vingtaine de mouvements anti-migrants illégaux essaie de rassurer. « Personne ne sera victime de violences, personne ne sera tué le 30 juin et il n'y aura aucun pillage en notre nom. Nous allons lancer une grande marche de libération. Et cette action de masse sera appelée à se poursuivre jusqu'à ce que nos revendications soient satisfaites », a-t-il déclaré.

De leur côté, les autorités assurent avoir renforcé leur dispositif de sécurité, tandis que les organisations de défense des droits humains redoutent une nouvelle flambée de violences xénophobes. Le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, a rappelé que le droit de manifester pacifiquement est protégé par la Constitution, mais a averti que les actes d'intimidation, de pillage, de destruction de biens ou de violence ne seraient pas tolérés. L'armée resterait en appui pour sécuriser certains sites sensibles si la situation l'exige.

Le Chef de l'État, Cyril Ramaphosa, a mis en garde contre les tentatives de justice populaire et les appels à la violence. Le gouvernement rappelle que seuls les agents habilités peuvent procéder aux contrôles d'identité et appliquer la législation migratoire. Pretoria cherche ainsi à éviter que la journée du 30 juin ne dégénère en affrontements ou en attaques ciblées contre des étrangers.

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Pro et anti-immigration s'affrontent sur la toile

Sur les réseaux sociaux, les partisans du mouvement anti-immigration relaient largement l'ultimatum fixé aux étrangers en situation irrégulière, en affirmant que l'État aurait échoué à contrôler les frontières, à faire appliquer les lois migratoires et à protéger l'accès des citoyens sud-africains à l'emploi, au logement, à la santé et aux services publics.

Dans ces messages, de nombreux soutiens insistent sur le caractère, selon eux, « pacifique » de la mobilisation et rejettent l'accusation de xénophobie. Ils présentent la marche comme une pression citoyenne destinée à obliger le gouvernement à agir contre l'immigration irrégulière. Certains comptes proches des mouvements anti-immigration appellent toutefois à des actions de terrain, ce qui alimente les inquiétudes des autorités et des associations.

À l'inverse, les détracteurs de la marche dénoncent une campagne de stigmatisation visant les migrants africains. Des défenseurs des droits humains, des militants antiracistes et des internautes sud-africains rappellent que la date du 30 juin ne repose sur aucune décision officielle et craignent que les appels en ligne ne se transforment en intimidations, expulsions forcées ou attaques contre des commerces et des familles étrangères.

Plusieurs publications opposées à la marche appellent la police à intervenir contre toute forme de justice populaire et invitent les responsables politiques à éviter les discours assimilant immigration, chômage et criminalité. Cette confrontation numérique, faite de vidéos virales, de slogans, de témoignages et parfois de fausses informations, contribue à accroître la tension à l'approche du 30 juin.

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