Ethiopie: Des ONG s'inquiètent de possibles conscriptions forcées au Tigré

Human Rights Watch (HRW) fait part de sa profonde inquiétude après la promulgation, au début du mois, d'une nouvelle loi par les autorités du Tigré, au nord de l'Éthiopie. Cette mesure accroît les pouvoirs du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) - à la tête d'une région ravagée par une guerre entre 2020 et 2022 - dans le but de contraindre les Tigréens au service militaire. Et ce, alors que les tensions avec le gouvernement fédéral ne cessent de s'intensifier.

« Chaque Tigréen dont l'âge et la santé le permettent a le devoir national de se joindre à l'appel à la résistance. » Depuis plusieurs semaines, dans le cadre de la nouvelle loi, une campagne de conscription intensive est en cours dans plusieurs zones du Tigré. Pour Human Rights Watch (HRW), elle présente même des similitudes avec le système « abusif » de service national en Érythrée, pays voisin dirigé d'une main de fer depuis 1993 par Issayas Afewerki.

Le 30 mai notamment, des centaines de jeunes ont été enlevés par des hommes armés dans plusieurs bars de Shire, ville du centre du Tigré, alors qu'ils regardaient la finale de la Ligue des champions.

Toute personne jugée apte au combat envoyée dans un camp

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D'après l'ONG éthiopienne Human Rights First-Ethiopia, des civils ont également été enrôlés de force sur des sites d'extraction d'or ou dans des lieux saints. Toujours selon l'ONG, toute personne jugée apte physiquement au combat est ensuite envoyée dans un camp d'entraînement militaire.

Depuis des mois, le TPLF et le gouvernement fédéral s'accusent mutuellement de préparer une nouvelle guerre.

Le Tigré, région septentrionale de l'Éthiopie, est difficilement sorti d'une sanglante guerre qui a fait rage entre 2020 et 2022, faisant au moins 600 000 morts selon l'Union africaine, marraine d'un accord qui a fait taire les armes en 2022. Mais les tensions ont depuis resurgi.

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