À Rabat, Philip Morris International (PMI) a réuni, ce mercredi 24 juin, scientifiques, journalistes et experts de la santé à l'occasion de Technovation 2026, une plateforme d'échanges consacrée à l'innovation et à la réduction des méfaits liés au tabagisme.
La journée s'est articulée autour de deux grands axes : une discussion sur la compréhension de la nicotine, suivie d'un panel consacré à la souveraineté africaine dans les politiques de santé. Deux thématiques distinctes, mais réunies par une même ambition : promouvoir une approche fondée sur les données scientifiques et adaptée aux réalités africaines pour accompagner la transition vers un avenir sans fumée.
Mieux comprendre la nicotine pour mieux lutter contre le tabagisme
Animée par le Pr David Khayat, oncologue et professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, la première session s'est attachée à distinguer les effets de la nicotine de ceux de la combustion du tabac.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
« La nicotine n'est pas la cause des cancers liés au tabac », a rappelé le professeur, expliquant que les principaux dangers proviennent des substances toxiques générées par la combustion des cigarettes.
Pour la Dre Tomoko Iida, directrice des Affaires scientifiques de PMI, une meilleure compréhension scientifique de la nicotine constitue un préalable indispensable au développement de politiques de réduction des risques.
« Sans une compréhension précise de la nicotine, nous ne pourrons pas convaincre les fumeurs d'adopter des alternatives moins nocives », a-t-elle déclaré.
Les intervenants ont estimé que les produits sans combustion pourraient contribuer à réduire l'exposition des fumeurs à certaines substances toxiques lorsqu'ils remplacent complètement la cigarette traditionnelle. Le Pr Khayat a notamment cité des études faisant état d'une réduction de 90 à 95 % de l'exposition à certaines substances nocives avec certaines alternatives sans fumée. Ces chiffres ont été présentés par les intervenants comme des données issues de la recherche sur la réduction des risques.
Une souveraineté africaine dans les politiques de santé
Le second panel, consacré à la souveraineté africaine dans les décisions de santé publique, était modéré par le journaliste Samid Ghilane. Autour de la table figuraient la Pr Imane Kendili, psychiatre et addictologue (Maroc), le Pr Amen Allah Messaadi, spécialiste des soins intensifs (Tunisie), le Pr Mohamed Benkhayal, chirurgien thoracique (Libye), ainsi que le Dr Samba Cor Sarr, spécialiste de la recherche en santé publique (Sénégal).
Les intervenants ont défendu l'idée que les politiques de santé du continent doivent être élaborées en tenant compte des réalités africaines plutôt que reproduire mécaniquement des modèles étrangers.
« Copier des modèles étrangers sans adaptation, c'est prendre le risque de l'inefficacité », a estimé la Pr Kendili, plaidant pour des approches prenant en compte les contextes culturels, économiques et sociaux propres aux pays africains.
Plusieurs initiatives nationales ont été citées au cours des échanges. Au Maroc, la Fédération nationale des associations du consommateur mène des actions d'information sur les différents produits liés au tabac. En Tunisie, des projets pilotes intègrent la réduction des risques dans certaines réflexions nationales en matière de santé publique. Au Sénégal, des campagnes de sensibilisation ciblent les jeunes avec l'appui de leaders communautaires et religieux.
Pour le Dr Samba Cor Sarr, la souveraineté sanitaire passe également par une souveraineté scientifique. Il a appelé au renforcement de la recherche africaine, au développement de partenariats régionaux et à une meilleure harmonisation des cadres réglementaires sur le continent.
Science et autonomie comme perspectives
Au terme des discussions, les participants ont souligné la nécessité de renforcer les capacités scientifiques africaines et d'élaborer des politiques publiques adaptées aux réalités locales. Les organisateurs ont présenté la science, l'innovation et la souveraineté décisionnelle comme des leviers essentiels pour faire évoluer les stratégies de lutte contre le tabagisme en Afrique.