Malgré les appels à la paix, les combats se poursuivent à Minembwe, au Sud-Kivu, ou les civils paient un lourd tribut entre bombardements, déplacements et insécurité.
En République démocratique du Congo, alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, les gouvernements congolais et rwandais ont réitéré leur engagement pour la paix.
Réunies ce mercredi (24.06) à Londres, les deux parties ont convenu d'appliquer l'accord de paix signé en juin 2025, de faire respecter le cessez-le-feu et d'apaiser les tensions à Minembwe.
Il s'agit d'une entité stratégique dont l'armée congolaise et les rebelles de l'AFC-M23 se disputent le contrôle, à travers leurs alliés respectifs, les milices Wazalendo et Twirwaneho.
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Une guerre qui ne ménage rien, même pas les structures de santé
Les combats se poursuivent dans cette entité administrative du territoire de Fizi. On enregistre quasiment chaque jour des pertes humaines et des dégâts matériels, comme en témoigne cet habitant de Minembwe, qui évoque les bombardements de drones. Ilaffirme que même l'hôpital général de référence de Minembwe et certains centres de santé ont été pris pour cibles : "Le bloc de pédiatrie a été bombardé hier. Il y a le centre de santé Ilundu qui a été bombardé aussi, à côté de l'aérodrome. C'est chaque jour qu'il y a la guerre et les drones dérangent la population. La population a fui. La situation n'est pas bonne. Il y a toujours ces attaques de drones."
Les civils pris au piège d'une guerre sans fin
Ces dernières semaines, l'intensification des combats autour de Minembwe a provoqué des déplacements de populations civiles. Le collectif des organisations de la Société civile du Sud-Kivu exige donc le respect des différents accords signés, à commencer par le cessez-le-feu.
"Nous déplorons le fait que les civils continuent d'être les proies des belligérants un peu partout, affirme Hypocrate Marume, membre du cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu. La population continue à se déplacer. La crise s'intensifie et c'est nous, la population, qu'on est en train de tuer. En tant que société civile du Sud-Kivu, nous réitérons notre engagement de demander aux deux parties de déposer les armes pour discuter au nom de la paix."
La bataille pour une zone hautement stratégique
Les affrontements de Minembwe s'inscrivent dans un contexte de tensions communautaires et de rivalités pour le contrôle d'une zone stratégique qui possède une importance du point de vue militaire, mais aussi symbolique.
Le professeur Philippe Doudou Kaganda, directeur scientifique du Centre de recherche sur les conflits et la paix dans la région des Grands lacs, explique que "Minembwe est un vaste espace qui permettrait à la faction qui l'occupe de pouvoir mener des contre-offensives sur les factions adverses, aussi bien dans les moyens plateaux que dans la plaine de la Ruzizi. C'est un carrefour qui permet de joindre le territoire de Mwenga. Minembwe est aussi un espace de conflits depuis des décennies. Lorsqu'il est conquis par une faction, cela traduit une certaine victoire d'une guerre territoriale et ethnicisée."
La paix reste donc encore un rêve pour les habitants de Minembwe qui vivent désormais sous la menace des bombardements de drones et des échanges de tirs, qui sont quasiment permanents.