La pression internationale se maintient sur le gouvernement de Samia Suluhu Hassan en Tanzanie. Le 22 juin, la soeur de l'ancien ambassadeur Humphrey Polepole, disparu après avoir critiqué le gouvernement, a témoigné de l'état de droit dans le pays au Parlement européen. Des dénonciations du non-respect des droits humains en Tanzanie alors que de nouvelles manifestations y sont prévues le 7 juillet.
« Je vous demande aujourd'hui de vous mettre du côté de la vérité, de la justice et du côté du peuple de Tanzanie. » C'est la voix tremblante et remplie d'émotions qu'Agness Lerdorf raconte devant la commission des droits humains du Parlement européen l'épreuve que traverse sa famille. Son frère, l'ancien ambassadeur de Tanzanie à Cuba, Humphrey Polepole, était rentré au pays pour faire part de son désaccord avec le fait d'écarter toute opposition en amont des élections générales d'octobre 2025. Il a depuis disparu, ajoutant son nom à la longue liste de personnes enlevées ces dernières années.
« Il ne s'agit pas d'un cas isolé, assure Agness Lerdorf. À travers la Tanzanie, des journalistes, le chef de l'opposition Tundu Lissu, les défenseurs des droits de l'homme et des citoyens ordinaires font face à des intimidations, des emprisonnements, des violences et des enlèvements ».
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Selon Agness Lerdorf, les autorités sont responsables : « Mon frère a été enlevé. Selon les témoins, les services de sécurité de l'État étaient impliqués. Du sang a été retrouvé. »
Ce témoignage intervient dans un contexte où le Parlement européen s'oppose au versement d'une aide de la Commission de 156 millions d'euros destinée à la Tanzanie.
Dans le pays, la situation reste tendue depuis les tueries d'octobre dernier. De nouvelles manifestations sont prévues le 7 juillet prochain.
La Tanzanie avait sombré dans plusieurs journées de violences, marquées par d'importantes répressions policières, le 29 octobre 2025, jour d'élections législatives et présidentielle jugées frauduleuses par des observateurs internationaux.
Plus de 2 000 personnes, dont des manifestants hostiles au pouvoir, avaient été tuées par les forces de sécurité, selon l'opposition. Une commission d'enquête mise en place par le pouvoir a recensé en avril 518 morts et 2 390 blessés.