Kenya: Imposant dispositif policier à Nairobi pour les deux ans de manifestations violemment réprimées

C'est un déploiement de forces de l'ordre impressionnant dans les rues de la capitale du Kenya, ce jeudi. Ce 25 juin 2026 marque le deuxième anniversaire de la Maanda Mano, un mouvement de protestation de la jeunesse contre la loi de finances de 2024, qui avait culminé avec la prise du Parlement par des manifestants. Une trentaine de personnes avaient été tuées par la répression policière, ce jour-là. Ce matin, le Central Business District (CBD) de Nairobi était transformé en ville morte. La police a bloqué toutes les routes y menant.

Dans un centre-ville fantomatique, Kimani Methamo dépose des fleurs devant le Parlement du Kenya. Cet architecte, âgé de 30 ans, est seul, entouré d'une vingtaine d'officiers en tenues anti-émeute. « Je me prépare... Je sais que des gens vont venir. Les routes sont bloquées. Moi, je suis arrivé hier. Je savais que le gouvernement serait lâche et empêcherait les gens de venir. J'ai passé la nuit dans le Central Business District. On n'a jamais vu un centre-ville avec des barbelés dans les rues. C'est absurde », s'insurge-t-il.

« Les policiers ne savent que tuer »

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Vers 11h, un cortège d'une cinquantaine de personnes se dirige vers le Parlement. Parmi elles, Dan, 35 ans. Il tient un panneau sur lequel on peut voir la photo d'un jeune homme. « Je suis venu honorer la mémoire de mon frère Kevin, qui a été tué ici, explique-t-il. La présence de la police aujourd'hui, ce n'est pas bon. Ils ne savent que tuer. J'ai peur. Ma mère est ici aussi. S'ils devaient commencer à tirer, je ne pense qu'à ce qui pourrait lui arriver ».

Très vite la police utilise un canon à son pour disperser le cortège... Mwanase Ahmed, de l'organisation de la société civile Jumuhia Ni Yetu, dénonce la violence d'État du Kenya. « Il est clair que notre gouvernement a pris l'habitude de tuer ses propres citoyens. Chaque manifestation de ces derniers mois s'est terminée dans le sang, lâche-t-il. Ils devraient nous protéger. Ils ont peur de leurs propres citoyens et ceux qui tuent des Kényans doivent rendre des comptes ».

Quatre personnes mortes le mois passé

Quatre personnes ont été tuées le mois passé, lors de la répression de manifestations contre la hausse du prix des carburants.

En juin 2024, des dizaines de milliers de Kényans avaient protesté durant plusieurs jours contre un projet de hausse des taxes et contre la corruption endémique.

Le 25 juin, les rassemblements avaient viré au chaos à Nairobi lorsque des manifestants avaient pris d'assaut le Parlement. La police avait tiré à balles réelles. La répression policière ce jour-là avait fait une trentaine de morts.

Selon l'Inspection générale de la police, 120 personnes ont trouvé la mort lors de manifestations en 2024 et 2025.

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