Le tourisme interne également appelé tourisme domestique occupe une place centrale dans la dynamique et la croissance de l'activité touristique nationale observée ces dernières années au Maroc.
Véritable pilier de l'industrie touristique, ce segment clé joue un rôle incontestable dans la diversification de la clientèle et contribue à la vitalité des destinations nationales.
Bien que souvent éclipsé par la forte médiatisation du tourisme international, il a représenté 28% du total des nuitées enregistrées en 2025, confirmant ainsi son poids croissant dans le paysage touristique national.
Selon la ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, cette tendance se poursuit en 2026 puisque plus de 4 millions de nuitées ont été enregistrées à fin mai dernier, soit une progression de 2% par rapport à la même période de l'année 2025.
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Intervenant devant la Chambre des conseillers, lors d'une séance de questions orales, Mme Ammor a indiqué que ces évolutions témoignent du fait que « le touriste marocain est le premier client du tourisme national ».
Pour accompagner cette dynamique, les pouvoirs publics tentent de répondre aux principaux défis qui limitent encore son ascension. Le premier consiste à adapter davantage l'offre touristique aux attentes des voyageurs marocains et à réduire la forte concentration de l'activité sur la période estivale.
« Nous considérons que la mise à disposition d'une offre adaptée aux exigences du touriste marocain constitue une priorité et une clé essentielle pour le développement du tourisme intérieur », a-t-elle déclaré, précisant que la feuille de route 2023-2026 mise sur deux axes : «Bord de mer» et «Nature & découverte» auxquels s'ajoutent cinq filières transversales, à savoir: «La cuisine marocaine et les produits du terroir», «Les festivals et les moussems», «L'artisanat et les savoir-faire locaux», «Les formes alternatives d'hébergement» (notamment les campings) ainsi que «Le développement durable».
Afin d'augmenter les capacités d'accueil, les pouvoirs publics misent sur l'élargissement de l'offre d'hébergement, a-t-elle indiqué. C'est ainsi que plus de 45.000 lits supplémentaires ont été créés, entre 2020 et 2025, ce qui a permis à la capacité d'hébergement touristique classée de dépasser 300.000 lits et d'atteindre l'objectif à hauteur de 108%.
Parallèlement, le programme CAP Hospitality a été lancé en vue d'accélérer la rénovation des chambres des établissements d'hébergement touristique classés. Ce programme couvre les investissements compris entre 3 et 100 millions de dirhams, remboursables sur une période de 12 ans. A ce jour, 91 établissements ont été approuvés.
Autre dispositif mobilisé : le programme GO SIYAHA qui accompagne actuellement 1.792 projets. S'articulant autour de trois composantes : « Investissement Tourisme », « l'Accompagnement Tourisme » et « Développement Tourisme », il prévoit des aides pouvant atteindre 35 % pour les projets d'animation touristique, 30% pour l'hébergement intégrant des activités d'animation, 90% pour l'accompagnement à transformation globale des entreprises touristiques et 40% pour des projets durables, a-t-elle détaillé.
La hausse des prix des services touristiques demeure l'un des principaux freins au développement du tourisme domestique. Mais pour Fatim-Zahra Ammor, ils «obéissent à la loi de l'offre et de la demande ainsi qu'aux dispositions relatives à la liberté des prix et de la concurrence. Ils sont donc relativement élevés durant la saison estivale et les périodes de vacances, en raison d'une forte demande et d'une offre limitée, tandis qu'ils diminuent durant les autres périodes de l'année», a-t-elle expliqué.
Concernant les défis liés à la saisonnalité, «notre objectif est de faire du tourisme intérieur une activité pratiquée tout au long de l'année dans toutes les régions, et non uniquement pendant la saison estivale et dans certaines régions où la demande est forte et l'offre limitée», a affirmé la ministre du Tourisme.
Quant à la qualité des services, autre obstacle majeur, la ministre indique qu'un travail est fait sur plusieurs axes, «notamment le renforcement du cadre juridique, afin que les établissements d'hébergement touristique offrent des services de haute qualité».
Enfin, malgré les avancées réalisées, l'essor du tourisme intérieur dépend encore d'une offre plus diversifiée, accessible et moins saisonnière.