A l'approche des prochaines échéances électorales, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) déploie ses nouvelles figures de proue. A Hay Hassani, circonscription historique, populaire et véritable condensé des défis sociaux de Casablanca, c'est Marouane Amama, la trentaine engagée, qui mènera la liste de la Rose. Dans cet entretien accordé à Libération, le jeune membre du Bureau politique revient sur ses ambitions, le climat électoral actuel, et la résilience d'un parti qui fait de l'Etat social sa boussole absolue.
Libé : Vous portez les couleurs de l'USFP à Hay Hassani, une circonscription ancrée dans l'histoire populaire de Casablanca et confrontée à des défis sociaux majeurs. Comment comptez-vous y décliner le projet de «l'Etat social» porté par le parti ?
Marouane Amama : Se présenter à Hay Hassani sous la bannière de l'USFP n'est pas un simple exercice électoral, c'est un devoir militant envers une population qui incarne le coeur battant de Casablanca. Aujourd'hui, la dynamique interne de l'USFP, portée par une synergie remarquable entre la sagesse de nos aînés et l'énergie d'une jeunesse aux convictions intactes, nous permet d'être sur le terrain, au plus près des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens.
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L'Etat social n'est pas un slogan de campagne pour nous, c'est notre matrice. A Hay Hassani, cela se traduit par une volonté farouche de défendre des politiques de proximité axées sur la justice spatiale, l'accès équitable à une santé et un enseignement publics de qualité, et la création de véritables opportunités pour nos jeunes. Nous sommes constamment présents aux côtés des citoyens, car nous croyons fermement que la politique doit d'abord servir à réparer les fractures sociales. C'est cette ambition d'un développement humain tangible qui guidera chaque pas de notre prochaine campagne et de notre futur mandat.
Face aux urgences de Hay Hassani et aux attentes légitimes de ses habitants, quel est votre engagement premier ? Si les électeurs vous accordent leur confiance, quelle sera la marque de fabrique de votre mandat ?
Mon engagement premier, et celui de l'ensemble des militants de l'USFP, se résume en deux principes non négociables : la redevabilité et la permanence. Trop souvent, l'action politique a été perçue par les citoyens de Hay Hassani comme une pratique saisonnière, où les élus s'évaporent au lendemain de la proclamation des résultats. Contrairement à cette logique désastreuse, l'action ittihadie a toujours puisé sa force dans un engagement continu et infaillible. Si les électeurs nous accordent leur confiance, notre marque de fabrique sera celle d'une proximité inaltérable et d'un travail de terrain acharné.
Nous ferons de notre mandat un levier pour traduire le concept d'Etat social en réalités palpables : nous plaiderons sans relâche pour des infrastructures de proximité dignes et pour un développement urbain qui respecte l'âme et la dignité de nos quartiers populaires. Nous ne vendons pas des illusions ou des remèdes miracles. Nous offrons une méthode, une intégrité absolue et une présence constante aux côtés des citoyens. L'USFP n'est pas là pour faire de la figuration institutionnelle, mais pour rétablir la noblesse de l'engagement public et prouver que la politique, lorsqu'elle est portée par des mains propres et une volonté sincère, peut véritablement transformer le quotidien des Marocains.
L'USFP semble être la cible d'attaques récurrentes de la part de certains adversaires. Que révèlent ces hostilités selon vous ?
Ce que nos adversaires politiques savent pertinemment, et ce qui les terrifie, c'est qu'il réside au fond de chaque Marocain une fibre ittihadie. C'est la raison pour laquelle certains s'évertuent à diffuser des calomnies virtuelles et à prêter à l'USFP des postures qui contredisent son essence même. A ceux-là, nous rappelons que la puissance de notre parti réside dans la solidité de son idéologie et dans sa résistance historique aux coups bas. Il faut également souligner que ces attaques nous renforcent davantage et nous rendent politiquement plus productifs.
La vérité est que notre boussole absolue, «le Maroc avant tout», les déconcerte. Face à nous, le paysage politique se divise essentiellement en deux camps qui ont montré leurs limites : d'un côté, ceux dont l'allégeance va à une organisation dogmatique mondiale, fondée sur une pensée théocratique autoritaire camouflée derrière le voile de la religion - dont l'Islam est d'ailleurs totalement innocent. De l'autre côté, ceux qui légitiment la corruption électorale et l'hégémonisme politique grossier, où aucune cause ne supplante les intérêts étroits de lobbys déconnectés du patriotisme. Face à cela, l'USFP s'érige en force tranquille, celle d'un parti national qui fédère les forces populaires à travers des politiques citoyennes et un discours de vérité.
Face à cette polarisation, comment convaincre la jeunesse, souvent tentée par la désillusion, de voter pour l'USFP ?
Mon message à la jeunesse est clair : l'abstention est un chèque en blanc offert à ceux qui redoutent le changement. L'USFP est une école politique vivante, et nous démontrons chaque jour que l'engagement partisan peut être noble, utile et résolument moderne. Le parti a toujours été à l'avant-garde des grandes initiatives politiques nationales, assumant ses responsabilités sans sombrer dans des calculs politiciens marginaux.
Mais notre action ne se limite pas à nos frontières. L'USFP est une voix puissante et respectée sur la scène internationale, pesant de tout son poids dans la prise de décision socialiste mondiale. C'est cette alliance entre l'ancrage local, la probité de nos élites et le rayonnement international au service du Maroc qui doit redonner espoir aux jeunes. Les calomnies dont nous faisons l'objet ne feront qu'accentuer notre détermination à poursuivre cette grande oeuvre de construction, pour défendre, aujourd'hui et à jamais, notre patrie et ses intérêts suprêmes.