WASHINGTON — Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé aujourd'hui un nouveau cadre de partenariat (CPF) avec la Guinée et trois opérations de financement : 116 millions de dollars pour la deuxième phase du Projet de développement de l'agriculture commerciale, 102 millions de dollars pour le programme Compétences pour l'innovation, la résilience et les aspirations (SIRA) et 75 millions de dollars pour le Projet de mobilisation des recettes intérieures et de gestion des dépenses publiques.
Le nouveau CPF couvrant la période 2027-2033, soutiendra les efforts déployés par la Guinée pour créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité grâce à une gouvernance économique renforcée, l'expansion des infrastructures de base et l'augmentation des investissements privés. Aligné sur le programme de développement sur 15 ans de la Guinée - Simandou 2040 - le CPF arrive à un moment important, alors que le pays cherche à exploiter les opportunités liées au projet de minerai de fer de Simandou pour transformer la richesse minière en une croissance plus large, plus inclusive et riche en emplois.
« L'ère de production de Simandou offre à la Guinée une occasion unique de transformer les richesses minières en une prospérité largement répartie », souligne Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division de la Banque mondiale pour la Côte d'Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo. « L'histoire montre que les pays réussissent non pas grâce aux ressources qu'ils extraient, mais à la façon dont ils investissent les recettes qu'ils en retirent. La Guinée a maintenant la possibilité de canaliser les revenus miniers vers des institutions plus solides, de meilleures infrastructures, une éducation et des compétences de qualité, et des secteurs productifs qui créent des emplois et des opportunités pour des millions de jeunes. Le Groupe de la Banque mondiale se tient prêt à soutenir cette ambition grâce à son nouveau cadre de partenariat avec le pays. Les programmes approuvés aujourd'hui dans les domaines de la mobilisation des ressources intérieures, de l'agriculture commerciale et du développement des compétences constituent des mesures concrètes pour faire en sorte que les avantages des ressources naturelles de la Guinée se fassent sentir dans chaque communauté et chaque foyer. »
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Le CPF met notamment l'accent sur le corridor de Simandou comme plateforme de développement intégré, afin de relier les infrastructures minières aux opportunités portées par le secteur privé dans l'agro-industrie, les transports et l'activité économique des régions environnantes. L'objectif est d'aider à transformer les corridors logistiques en corridors économiques, stimulant ainsi la croissance et la création d'emplois au-delà du secteur minier.
Le CPF sera mis en oeuvre grâce à l'approche solide et unifiée du Groupe de la Banque mondiale, qui s'appuiera sur les atouts complémentaires de l'Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) pour mobiliser l'investissement privé et renforcer l'impact sur le développement. Pour la première moitié de la période couverte par le CPF, la Guinée devrait bénéficier d'une allocation initiale indicative sur trois ans au titre de l"IDA-21, d'environ 471 millions de dollars. Le portefeuille actuel du Groupe de la Banque mondiale auprès de l'IDA en Guinée s'élève à plus de 1,565 milliard de dollars.
« L'engagement de l'IFC en Guinée se concentrera sur la mobilisation d'investissements privés dans des secteurs productifs tels que l'agro-industrie, la pêche, l'industrie manufacturière et l'énergie, tout en renforçant les champions locaux afin que le projet Simandou génère des emplois inclusifs », explique Nathalie Kouassi Akon, directrice de la division Afrique de l'Ouest d'IFC pour le Golfe de Guinée. « Nous entendons tirer parti du développement de l'écosystème commercial plus large construit au cours de la dernière décennie, aux côtés de la Banque mondiale, pour permettre une mise à l'échelle et maximiser l'impact, notamment en continuant à soutenir le contenu local, l'environnement des affaires et les réformes des PPP. »
La MIGA complétera l'IDA et IFC en fournissant des garanties pour aider à réduire les risques pour les investissements privés dans les infrastructures et l'énergie, à l'appui de la transformation économique plus large de la Guinée.
Le CPF s'articule autour de quatre résultats fondamentaux : une gouvernance économique renforcée, une main-d'oeuvre mieux éduquée et en meilleure santé, un meilleur accès à l'énergie et aux transports, et un investissement privé accru pour la création d'emplois. Ces priorités se traduiront par un ensemble d'investissements et de réformes phares dans des secteurs clés, en lien avec des initiatives telles que Mission 300, AgriConnect, Water Forward, Universal Health Access, AIM2030 et d'autres pactes sectoriels visant à soutenir une croissance inclusive et la création d'emplois.
Le premier investissement majeur à l'appui du CPF est la deuxième phase du Projet de développement de l'agriculture commerciale, qui favorisera la commercialisation, attirera l'investissement privé et élargira les possibilités d'emploi dans les principales chaînes de valeur agricoles. D'ici à 2033, le projet devrait créer environ 66 000 emplois, bénéficier à 250 000 agriculteurs et ménages ruraux et mobiliser 150 millions de dollars de capitaux privés, en utilisant AgriConnect comme véhicule de base pour ce programme.
En complément de ces investissements, la Guinée a participé au programme Compétences pour l'innovation, la résilience et les aspirations (SIRA), une approche-programme décennal en plusieurs phases, qui renforcera les systèmes d'éducation et de compétences et élargira l'accès à l'emploi. Le programme modernisera l'enseignement secondaire, développera la formation technique et professionnelle alignée sur des secteurs prioritaires tels que l'agroalimentaire, l'énergie et le numérique, et développera l'appui à l'entrepreneuriat et à l'insertion professionnelle pour les jeunes, renforçant ainsi le lien entre le développement des compétences et la demande du secteur privé et devrait bénéficier à environ 2,7 millions de jeunes Guinéens.
Cet effort sera également soutenu par le Projet de mobilisation des recettes intérieures et de gestion des dépenses publiques en Guinée, conçu pour aider la Guinée à consolider ses bases budgétaires alors qu'elle se prépare à gérer les recettes futures du projet Simandou. Les recettes fiscales étant actuellement inférieures aux moyennes régionales, le projet vise à faire passer le ratio recettes fiscales/PIB de 12,1 % à 15 % d'ici 2031 grâce à des réformes qui modernisent l'administration des recettes, améliorent la gestion des dépenses publiques et renforcent la gestion de la dette.