Sénégal: Alioune Badara Mbengue - « La région dispose de bonnes perspectives de développement »

26 Juin 2026
interview

Dans cet entretien, Alioune Badara Mbengue, préfet de Tambacounda, présente une vision ambitieuse du développement du département, qu'il décrit comme un carrefour stratégique riche en réserves foncières et en énormes potentialités économiques. Il met en avant des projets d'envergure tels que le renouveau du chemin de fer et la création de centrales solaires pour garantir l'autonomie énergétique de la région.

Monsieur le Préfet, comment se porte la région de Tambacounda ?

La région possède de bonnes perspectives de développement. Je peux dire déjà que Tamba fait partie des régions les plus prometteuses disposant de bonnes perspectives d'avenir, compte tenu déjà de sa position géographique. Le département en tant que tel dispose de grandes réserves foncières avec une superficie de 13.000 km². Le plus vaste du pays est celui de Goudiry, qui s'étend sur 17.000 km². Donc, des projets structurants très exigeants en matière de foncier peuvent se développer sans difficultés à Tamba.

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Depuis notre arrivée, nous avons supervisé beaucoup de projets pour l'État, comme celui qui a fait l'objet d'une visite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye (Ndlr : 5-6 février 2026). L'université de Tamba, en principe, doit être achevée en octobre 2026 et s'étend sur 50 ha avec des extensions prévues. Vous avez pu constater un très bon avancement des travaux de construction. Nous avons aussi le chemin de fer qui a une signification réelle pour les populations de Tamba et pour l'économie de la région.

Aujourd'hui, nous recevons énormément de camions qui nous viennent de la sous-région, mais aussi de Dakar. Donc, le fait de mettre en place cette gare ferroviaire va réduire les délais et les distances pour les camions.Ces derniers, au lieu d'aller prendre les marchandises à Dakar et de traverser presque tout le pays, pourront désormais, à partir de Tamba, faire le nécessaire. Nous avons aussi prévu le port sec qui sera mis en place sur un site de 50 hectares à la sortie de Tamba vers Bakel. Ces projets structurants vont garantir une activité économique soutenue dans toute la région.

La question du foncier fait l'objet de beaucoup de convoitises. Sur le plan administratif, comment vous vous organisez pour bien encadrer cette problématique ?

Concernant le foncier, il y a plusieurs statuts : le domaine national, le domaine classé et celui privé de l'État. Le domaine privé de l'État est de la responsabilité de l'administration directe. Si vous prenez le territoire communal de Tamba, il est régi sur la base d'un titre foncier de l'État. Donc, tout lotissement ou toute activité foncière se fait en rapport avec le service des domaines. Nous sommes en train de faire une bonne surveillance pour lutter contre l'occupation anarchique des emprises de l'État pouvant servir à accueillir des projets structurants.

Concernant le domaine national, avant, c'était l'autorité administrative chargée du contrôle qui faisait l'approbation des délibérations. Dorénavant, il y a des changements : entre 1 et 10 hectares, c'est le sous-préfet qui approuve, entre 10 et 50 hectares, c'est du ressort du préfet. Au-delà de 50 hectares, il faut une approbation du gouverneur avec une numérotation du Secrétariat général du gouvernement.

À partir de là, même le niveau central est en mesure de contrôler ce qui se fait en termes de délibération foncière. Si les terres ne sont pas mises en valeur, on peut travailler avec les collectivités locales à leur désaffectation et éviter ainsi que ces délibérations soient détournées de leur usage primaire.

L'autre problème, c'est le retour des inondations à Tamba. Quelles mesures avez-vous prévues ?

L'année 2025 a été marquée par des événements douloureux, notamment les cas d'inondations à Tambacounda. Dans la ville de Tambacounda, nous avons le Mamakounda, qui est une vallée morte et son lit connaît actuellement une occupation anarchique. Une situation qui accentue le risque d'inondations avec des facteurs bloquants à la circulation de l'eau. Ces inondations durent juste quelques heures. L'eau entre et ressort, occasionnant des dégâts. Nous avons aussi constaté énormément de cas d'effondrement d'édifices.

Nous sommes en train d'étudier comment élargir certains ponts et reprendre certaines infrastructures. Cette année, notre action était surtout basée sur l'appui et l'accompagnement de nos populations d'un côté, mais d'un autre avec l'appui du ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement, nous avons pu curer les ponts et les voies d'eau parce qu'il y avait des déchets verts qui venaient souvent les obstruer.

Dans le cadre du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (Pgiis) exécuté par le ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement, nous avons aussi mis en place une structure à l'échelle communale qui implique toutes les populations et un plan communal de sauvegarde. L'idée était de pouvoir intégrer tous les acteurs, les sapeurs-pompiers, les forces de défense et de sécurité, la mairie et tous les services de l'État pour faire face à ce genre de situation et organiser les interventions de l'État.

Tambacounda souffre aussi de problèmes d'infrastructures avec des bâtiments vétustes de l'administration. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire par rapport à cette situation ?

Je pense que pour les bâtiments, il faut relativiser. Aujourd'hui, pour les bâtiments administratifs, il y a beaucoup de services qui occupent de très bons bâtiments. Il y a d'autres services aussi qui sont dans l'optique de construire leur propre siège à qui on a déjà donné le foncier. Il y a aussi des bâtiments qui, depuis l'indépendance, n'ont pas bénéficié de réfection. Lors d'une récente visite du ministre en charge de l'Artisanat, il était question de revoir un peu comment travailler à améliorer le cadre servant de Chambre de métiers et même du village artisanal. Il faut reconnaître qu'il y a des efforts à faire pour améliorer les choses à Tamba.

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