Afrique: L'OMS et l'espace francophone s'unissent pour l'indépendance sanitaire du continent

25 Juin 2026

En marge de la 79e Assemblée mondiale de la Santé (WHA79), les enjeux sanitaires du continent africain ont été placés au centre des priorités internationales. À travers des sommets de haut niveau co-organisés avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Secrétariat du Commonwealth, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a jeté les bases d'une stratégie globale visant à briser la dépendance thérapeutique du continent face aux crises géopolitiques mondiales, à l'urgence du paludisme et aux cancers féminins.

Le volet le plus stratégique pour le continent s'est déroulé lors de la 28e édition des Rencontres francophones de la santé, pilotée conjointement par l'OIF et Les Entreprises du Médicament (LEEM). Réunissant des ministres africains, des diplomates et des géants de l'industrie pharmaceutique, les débats ont mis en lumière la manière dont les mutations géopolitiques actuelles bouleversent l'approvisionnement médical du continent.

Face à cette vulnérabilité, la scientifique en chef de l’OMS, Sylvie Briand, a opposé un constat pragmatique : les percées de l’intelligence artificielle et des technologies à ARN messager (ARNm) restent inutiles pour les populations africaines si l’accès demeure inégalitaire. Pour l'OMS, la solution passe impérativement par le renforcement des capacités régionales de production de vaccins et de médicaments sur le sol africain, la promotion de la science ouverte et la consolidation des systèmes réglementaires locaux.

La Dre Briand a d'ailleurs rappelé que la lutte contre le paludisme demeurait la priorité absolue de l’espace francophone, dénonçant le fardeau disproportionné que supporte l’Afrique de l’Ouest. Cette session a vu la participation active des ministres de la Santé de Côte d’Ivoire et du Gabon, aux côtés des directeurs des partenariats mondiaux de Pfizer et du Conseil Afrique de Merck, tous d'accord sur l'urgence d'investir dans des écosystèmes d'innovation collaboratifs dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

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Les priorités africaines ont également trouvé un écho favorable lors des travaux avec le Commonwealth, dont de nombreux États membres se situent sur le continent. Le Forum inaugural de coordination sanitaire s'est attaqué de front aux barrières de prévention et de traitement du cancer en Afrique. Les échanges ont été marqués par le lancement d’un recueil d’études de cas nationales sur l’élimination du cancer du col de l’utérus, une pathologie qui fait des ravages en Afrique subsaharienne faute de dépistage précoce. Une boîte à outils de plaidoyer a été spécialement conçue pour soutenir les Premières Dames africaines dans leurs actions de sensibilisation.

En outre, l'OMS a alerté sur les risques liés aux modes de vie sédentaires qui menacent la jeunesse du continent. Dans un espace où 60 % de la population a moins de 30 ans, la dégradation de la santé mentale devient un défi de santé publique majeur. Le Dr Saia Piukala de l’OMS, soutenu par le quadruple champion olympique Sir Mo Farah, a rappelé que près de 80 % des adolescents dans le monde n’atteignent pas les niveaux recommandés d’activité physique, appelant les ministres de la Santé de pays africains comme Maurice à intégrer le sport et l'urbanisme pour garantir des infrastructures sûres et inclusives pour les jeunes.

L'ensemble de ces consultations menées à la WHA79 démontre que l'avenir sanitaire de l'Afrique ne peut plus dépendre de la simple aide internationale. Qu'il s'agisse de la production locale de traitements par ARNm ou du financement durable de la lutte contre le cancer, les délégations africaines ont unanimement réaffirmé la nécessité de bâtir des systèmes de santé résilients. En mobilisant les réseaux de la Francophonie et du Commonwealth, le continent tente d'imposer un nouveau modèle de gouvernance sanitaire où le transfert de technologies et la valorisation des ressources humaines locales deviennent la norme pour assurer sa propre sécurité sanitaire.

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