La Tunisie s'apprête à rembourser, le 15 juillet 2026, le dernier grand emprunt contracté sur les marchés financiers internationaux, un prêt de 700 millions d'euros souscrit en 2019, dont le coût total de remboursement atteindra environ 2,3 milliards de dinars, intérêts inclus, marquant ainsi la fin d'une phase d'endettement direct auprès des marchés internationaux.
C'est ce qu'a indiqué l'analyste financier Moez Hadidan, ce jeudi 26 juin 2026, lors de son intervention sur Express Fm, en commentant les récentes déclarations du gouverneur de la Banque centrale relatives à la réduction de la dépendance du pays à la dette extérieure.
Selon lui, cette évolution ne traduit pas une baisse globale de la dette publique, mais plutôt une transformation de sa structure. L'encours de la dette publique est ainsi passé de 83 milliards de dinars en 2019 à 141 milliards de dinars en 2025.
Dans le même intervalle, la répartition de cette dette a profondément changé. La dette extérieure, qui représentait environ 70 % de l'endettement total en 2019 contre 30 % pour la dette intérieure, a reculé pour atteindre 40 % en 2025, tandis que la dette intérieure a progressé pour représenter 60 % du total.
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En proportion du produit intérieur brut, la dette extérieure a également diminué, passant de 47,7 % en 2019 à 32 % en 2025, ce qui explique, selon l'analyste, les déclarations de la Banque centrale sur la réduction du poids de la dette extérieure.
Moez Hadidan souligne que cette évolution résulte d'un changement de stratégie de financement. En 2019, les emprunts nouveaux de l'État s'élevaient à 9,6 milliards de dinars, dont 7 milliards contractés à l'étranger et 2,6 milliards sur le marché intérieur. En 2025, la tendance s'est inversée, avec 21,8 milliards de dinars levés sur le marché intérieur contre seulement 3,8 milliards de dinars à l'étranger.
L'analyste précise par ailleurs que les financements accordés par la Banque centrale à l'État constituent de véritables dettes, comptabilisées comme telles, même lorsqu'ils sont octroyés à taux zéro. Ces opérations, d'une durée de dix ans avec un différé de trois ans, s'accompagnent d'une création monétaire qui implique un remboursement futur obligatoire.
Il ajoute que si l'endettement intérieur permet de réduire l'exposition aux risques de change, il entraîne une augmentation de la liquidité en dinar, tandis que l'endettement extérieur permet de renforcer les réserves en devises nécessaires au financement des importations et au service de la dette. D'où la nécessité, selon lui, de maintenir un équilibre entre les deux sources de financement.