Le défilé militaire constitue l'apogée des célébrations de l'indépendance. Le pouvoir de la Refondation de la République n'a pas dérogé à la règle, toutefois, pour cette grande première au stade Barea, il a opté pour un format classique de la parade.
Un retour aux fondamentaux. Le général Ely Razafitombo, ministre des Forces armées, l'a annoncé dans une interview publiée mercredi. Les autorités de la Refondation de la République ont voulu que le défilé militaire soit « un retour aux sources, avec le respect du cérémonial militaire à la lettre ».
Le mot d'ordre a été respecté au regard de la parade militaire qui s'est déroulée au stade Barea, Mahamasina, hier. Le défilé est revenu à un format plus classique. Un défilé entièrement cadencé par une note militaire, sans rajout d'autres effets. Le ton a été donné dès l'arrivée du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l'État, sur place. Une arrivée sans annonce ostentatoire. Après avoir salué les principaux responsables militaires qui l'ont accueilli, il s'est présenté devant la bannière des Forces armées, pour l'hymne national. Un hymne joué par la fanfare des armées.
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Le locataire d'Iavoloha a ensuite effectué la revue des troupes, à pied, bien que le « Command car » qui lui était destiné, en sa qualité de Chef suprême des Forces armées, était déjà prédisposé. Le choix d'effectuer la revue des troupes à pied pourrait s'expliquer par des raisons sécuritaires. Un double rideau de sécurité a été mis en place autour du locataire d'Iavoloha durant cette revue des troupes, dont plusieurs éléments munis de fusils d'assaut. Le tour de piste à pied a également facilité le déplacement du dispositif.
La revue des troupes, cadencée par la fanfare militaire, a été faite sur une note martiale. Visage fermé, démarche droite et regard fixe, le colonel Randrianirina dans son ensemble en soie traditionnel et son « Lamba » à l'épaule, a repris sa posture d'officier supérieur. Durant la revue des troupes, il n'a ainsi eu aucune interaction avec le public, jusqu'à ce qu'il rejoigne son siège à la tribune d'honneur, encadrée par un vitrage blindé.
Le temps que les troupes se mettent en place, le top départ de la parade a été donné à 10 heures 38 minutes. Durant deux heures, plus de trois mille trois cents éléments, dont deux mille neuf cents à pied ont défilé devant l'assistance, sous la houlette du commandant d'ensemble, le général Heritiana Rakotoharimanana, chef d'état-major de l'armée de terre. Un temps de passage relativement long qui peut s'expliquer par le fait que la cadence de la démarche est revenue au classique cent vingt pas par minute.
Grands absents
Le temps de passage des troupes et le froid qui a pesé sur Mahamasina ont, de prime abord, émoussé la ferveur du public. Même le défilé au pas de course des éléments d'intervention et d'élite de l'armée, de la gendarmerie et de la police, n'a pas suffi à booster l'ambiance. Chaque année, il s'agit pourtant de la principale animation de la parade militaire. Par ailleurs, sur l'agencement du défilé des troupes, le format classique a également été la règle.
Le temps de passage de chaque entité qui compose les Forces de défense et de sécurité (FDS) a été bien distinct. La seule exception a concerné les forces spéciales et leur défilé au trot justement. La parade militaire d'hier a également été annoncée comme étant l'occasion d'exposer au public les nouveaux équipements de l'armée. Pour la première fois donc, des drones de reconnaissance tactique ont été sortis hors du cadre des opérations ou des exercices.
L'un des deux nouveaux tanks remis par la Russie a également été de la parade. De même que les nouveaux engins et les nouveaux camions mis à disposition du régiment du génie militaire. Les deux hélicoptères Mi-8, également dons des Russes, ont toutefois été les grands absents.
« Il s'agit d'une cérémonie programmée au millimètre près, qui reflète la discipline et l'implication de tous les éléments qui composent les Forces armées », a également déclaré le général Razafitombo dans l'interview publiée mercredi. Néanmoins, quelques fausses notes ont été décelées durant la cérémonie d'hier. Il y a eu, notamment, un décalage dans le timing prévu. La cérémonie militaire proprement dite devait démarrer à 10 heures, heure d'arrivée du Chef de l'État.
Le locataire d'Iavoloha a cependant fait son entrée au stade Barea à 10 heures 13 minutes. Il y a également eu un chevauchement entre le timing protocolaire et celui de l'animation culturelle qui a précédé la cérémonie. Une chorale était invitée à monter sur scène juste au moment de l'arrivée du Chef de l'État sur place. Finalement, la chorale n'a pas pu chanter étant donné que l'arrivée présidentielle donnait le top départ de la cérémonie militaire. Par ailleurs, plusieurs spectateurs avaient encore été bloqués dans les files d'attente aux entrées du stade alors que la parade avait déjà commencé.