Dans un discours à la nation à l'occasion de la fête nationale, le Chef de l'État dresse un constat sans détour sur la situation du pays. Madagascar reste fortement dépendant de l'extérieur, concède-t-il.
Le combat continue. En somme, c'est le mot d'ordre du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l'État, dans son discours à la nation, hier, à l'occasion de la fête nationale. « Le combat pour l'Indépendance, mené par les héros de notre Nation, se poursuit encore aujourd'hui », déclare-t-il.
L'officier supérieur sonne le clairon pour « un effort collectif, une unité et une solidarité sincère, et surtout un véritable amour de la patrie ». Des impératifs, selon lui, face à la situation de dépendance dans laquelle Madagascar reste engluée. D'un ton lucide, le locataire d'Iavoloha concède en effet que « nous demeurons fortement dépendants, tant sur le plan politique qu'économique ». Une situation qui fait que le pays « se contente de subir les effets de la mondialisation », ajoute-t-il.
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« Si l'on considère ces 66 années écoulées, de nombreux constats s'imposent. Nous n'avons pas encore atteint l'autosuffisance alimentaire. L'énergie dont nous avons besoin dépend encore de l'étranger. Les médicaments et les équipements médicaux nécessaires pour soigner notre population sont également importés. De même, les politiques publiques et les projets sociaux dans notre pays sont, pour la plupart, financés par des partenaires étrangers », tel est le constat que dresse le Chef de l'État.
Union sacrée
Aussi, à l'occasion de la fête nationale, le colonel Randrianirina demande-t-il à tout un chacun de transcender le simple aspect de la célébration. Il appelle ainsi les citoyens à faire un exercice d'introspection sur ce qu'ils peuvent faire pour sortir le pays du marasme dans lequel il s'enlise.
« C'est le moment pour chacun d'entre nous de mener une réflexion approfondie sur le patriotisme et sur la contribution qui nous incombe. C'est précisément dans ce processus de refondation que nous devons le montrer », affirme-t-il donc.
Face à cette indépendance qu'il considère comme inachevée, le Chef de l'État soutient : « nous avons besoin d'un changement de paradigme ». L'idée est, visiblement, de rompre avec ce schéma de dépendance multidimensionnelle. À l'entendre, l'union sacrée de l'ensemble de la nation sera le levier pour y parvenir. À cet effet, le colonel Randrianirina réitère alors que « l'ennemi que nous devons combattre ensemble, c'est la pauvreté ».