Sénégal: Adoption par l'assemblée de quatre accords et conventions internationaux - Le ministre Cheikh Niang met en avant leurs enjeux stratégiques

Réunis en séance plénière, le jeudi 25 juin 2026, les députés ont examiné et adopté quatre projets de loi autorisant le président de la République à ratifier plusieurs accords et conventions internationaux.

Venu défendre ces textes à la représentation nationale, le ministre de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur, Cheikh Niang, a salué leur adoption et souligné les retombées attendues en matière de coopération, d'intégration et de développement pour le Sénégal.

Selon le ministre de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur, Cheikh Niang, « le projet de loi de la Gambie est très important parce que ça touche directement à nos intérêts de sécurité, de justice. » Car, les deux pays constituant un espace humain extrêmement dense, un espace économique où tout est imbriqué, il trouve « important qu'une coopération judiciaire mais aussi d'autres coopérations dans d'autres niveaux soient développées afin qu'il y ait la meilleure relation possible avec la Gambie. »

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Pour lui, la tenue récente de la 4e session du Conseil présidentiel Sénégalo-Gambien témoigne de l'importance que les deux Etats accordent à l'étroitesse de ces relations et à la nécessité de toujours les hisser à des niveaux les plus élevés possibles. Dans un contexte marqué par des défis qui se complexifient de plus en plus, avec l'extension du terrorisme, la criminalité organisée, l'idée de cette loi, selon Cheikh Niang, c'est de permettre aux deux pays de disposer un cadre légal qui permet de coopérer sur les enquêtes, sur les poursuites, sur la transmission des preuves et l'exécution des demandes judiciaires.

« Il est important qu'on ait un accord qui nous permette vraiment de maîtriser tout ce que cela importe en termes de garantie, de respect des lois qui vont nous permettre d'éviter tout ce qui relève des abus, tout ce qui va au détriment de nos relations », a-t-il déclaré.

S'agissant du sort des Sénégalais avant la signature de la Convention d'entraide judiciaire, le ministre a rappelé l'existence d'une Convention avant ce projet d'accord. Il s'agit, précisera-t-il, d'un « dispositif qui date d'avril 1973 et les demandes qui ont été introduites avant l'entrée en vigueur du prochain accord qui sera signé, vont être régis par cette Convention de 1973. » Tout en réaffirmant que cette présente Convention va améliorer le cadre de coopération entre autorités judiciaires, il a souligné que celui va pouvoir garantir le respect des procédures et des droits fondamentaux de ceux qui seront concernés.

Concernant l'accord sur la CPI, le ministre situe sa pertinence à plusieurs niveaux à savoir au niveau juridique, diplomatique, politique, institutionnel. Pour lui, « il est important que le Sénégal réaffirme son leadership historique en matière de justice en adoptant ce projet de loi. » Il faut noter que les amendements qui ont concernés cette convention touchent principalement sur cinq domaines notamment, les armes empoisonnées, les gaz toxiques et asphyxiants, les balles extensives, les armes biologiques et l'utilisation de la famine comme arme de guerre.

En revanche, réagissant à une question sur les « deux poids, deux mesures » reprochés à la CPI, il a, dans ce cadre, souligné le principe subsidiarité qui consiste, selon lui, à préserver d'abord la souveraineté des Etats. Et, à son avis, « ce n'est seulement que quand les Etats sont défaillants qu'on pourrait peut-être faire appel à la CPI. »

Pour finir son excellence Cheikh Niang a évoqué le projet de loi n°07/2026, portant ratification de l'Accord se rapportant à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer relatif à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ). Tout en soulignant ces avantages multiples, cet accord, à en croire le ministre, offre non seulement au Sénégal l'opportunité d'accéder aux nouvelles données scientifiques, mais aussi à des financements. Pour lui, « en adhérant à cet accord, nous allons réaffirmer notre leadership diplomatique. »

Concernant le quatrième projet de loi (n°14/2026) portant sur la ratification de la Charte constitutive de l'Organisation mondiale de l'Eau, signée le 28 mai 2025 à Riyad, en Arabie Saoudite, il a rappelé le rôle joué par le Sénégal en tant pionnier, pour avoir été le premier pays au monde à avoir inscrit la question hydrique au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ainsi, perçu comme un enjeu sécuritaire pour tous les pays, la Charte de l'eau est « un moyen pour nous de consolider la sécurité hydrique du Sénégal. Et les bénéfices que nous avons, ce sont des bénéfices qui sont à divers niveaux. L'agriculture, l'élevage, l'industrie, la production énergétique, la santé publique seront impactés », a souligné le ministre de l'Intégration. Dans cet accord, a-t-il déclaré, « nous maintenons une coopération de choix dans le domaine de la gestion de l'eau avec les pays comme le Mali, la Mauritanie, la Guinée et la Gambie. »

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